mercredi 22 mars 2017

Pourquoi un colloque d'art-thérapie à 20€ ?

L'Association de Recherche en Art et Thérapie est une association dédiée à la recherche, au partage des connaissances, sans exclusions, sans élitismes, sur le modèle de l'université populaire !

Elle est aussi une association qui est engagée dans une réflexion citoyenne, autogestionnaire, d'un renouveau du contrat social républicain comme l'entend le philosophe Yves Michaud.

Un retour à la démocratie qui est par essence participative cela va sans dire !

Chacun peut part son engagement participer à ce mouvement humaniste, c'est ce que nous tentons de faire avec plus ou moins de succès.
Et, en demandant une participation de 20€ pour ce colloque d'art-thérapie du 8 avril 2017 à Béziers, avec des intervenants toujours de qualité et qui viennent à Béziers sans demander de rétribution, c'est notre engagement et notre réponse citoyenne au monde de l'argent.

Le collectif de l'ARAT

11e Rencontres de l'ARAT à Béziers
Festival : "L'art-thérapie fait son cinéma !"


Cliquez sur ce lien pour vous inscrire :
http://blogarat.blogspot.com/2017/02/lart-therapie-fait-son-cinema.html

lundi 20 mars 2017

TRILOGIE de L'ERRANCE / 4ème épisode par Adeline YZAC

Curieusement, un quatrième épisode vient se rajouter à notre trilogie, qui par enchantement devient une oeuvre collective ! Merci à toi Adeline pour cette polyphonie algérienne qui pense ma déchirure faite d'exclusion, de rejet, d'incompréhension pour l'Etranger.



Adeline YZAC est auteure, elle anime des chantiers d'écriture à Montpellier.
Son site : http://adelineyzac.wordpress.com/

Là-bas
[laba]

Je me suis laissée rêver autour des cinq lettres et de leur petit tiret. Locution anodine au demeurant.
En un, là-bas désigne un lieu éloigné, situé à une distance plus ou moins grande du lieu d’où je parle.

En deux, c’est tel pays étranger dont il est inutile de préciser le nom, chacun dans le présent d’une conversation sait duquel il est question, « Là-bas, c’est le berceau de la corrida ».
Il suffit d’une écoute attentive de la locution et j’entends comment est nommé tel pays sans qu’il le soit par son nom, en creux, comment la langue opère un petit glissement, comment, en quelque sorte, un sobriquet vient en surplomb.

En trois, dans la bouche de certains, Là-bas, c’est le pays  éloigné ou disparu, et soi exilé – volontaire ou pas. « Là-bas, je n’avais jamais parlé français ». Je suis là et il y a maintenant cet autre lieu rendu bas. Passé par en dessous. Ce qui renvoie au sens premier et vieilli de là-bas. Qui signifiait, au départ, « au-dessous, en un lieu situé au-dessous, autrement dit là en bas, en un lieu situé plus bas ». Ce bas, renvoie-t-il à une relégation ? A quel territoire ? La mémoire ? Le souvenir ? L’inconscient ? Le lieu d’avant la parole et l’écriture ? L’au-delà d’un traumatisme ?

Si certains disent là-bas et non pas Espagne, Algérie, Syrie, Bretagne, Ethiopie, …, cela veut-il dire que le pays a été poussé par les faits hors du champ du quotidien, au second rang, à distance ? Là-bas, formule également vieillie, désigne l’Enfer, le séjour des morts, par opposition à la vie terrestre. Et je retrouve ce qui est évoqué dans la bouche de ceux et celles qui nomment l’Algérie de la sorte. Là-bas : l’exil d’une terre, l’enfer de la douleur, de la nostalgie, de la perte. De l’impossible consolation parfois. L’irréparable à eu lieu. Il reste des miettes, quelques petites lettres. Dire là-bas, c’est tendre les bras de toutes ses forces, et les yeux, et le cœur, par delà l’ensevelissement, vers ce qui a été. Là-bas, renvoie à une disparition - me vient le mot aphanisis. Un pays a fondu, comme un être, c’était un ici, c’est devenu un là-bas.

Le pays et soi, on a plongé ensemble. Le pays tel qu’il était, disparu, il reste la langue, la parole, les mots, une locution. Là-bas, c’est bref, c’est court, c’est minuscule, c’est ratatiné, c’est discret, ça suggère que le pays n’est plus, c’est fini, c’était avant, c’est bien ça, ça n’est plus, ça a échappé, ça a filé entre les doigts mais pas tout à fait non plus puisqu’une locution en atteste l’existence et qu’on peut se loger là, s’abriter sous le mot, s’y lover, y trouver son gîte. Et voici que ça signifie peut-être qu’on accepte que ce soit une histoire finie… Là-bas, quel bel édifice, un pays tout entier contenu sous son toit, des vécus, des êtres, un monde. Là-bas, c’est une nomination : la disparue, la défunte, a un nom unique et propre, là-bas. Cinq lettres la contiennent et la prolongent. A l’abri sous la locution, Là-bas, qui est de l’ordre de la  condensation et de la polysémie, chacun s’autorise et y va de sa parole. Là-bas… cinq petites lettres et c’est la fête, la joie, l’éclat, l’évocation, les récits, le mouvement, le rire.
Entre là et bas, se tient le petit pont du tiret, important le tiret, l’alliance du tiret qui fait toute la force, tout le soutien et l’équilibre.

 Publié avec l'autorisation d'Adeline YZAC

dimanche 19 mars 2017

L'Appel des 50 pour sauver l'art-thérapie française !

APPEL A UNE PREMIÈRE RENCONTRE NATIONALE DES ART-THÉRAPEUTES FRANÇAIS


Texte d'Arnaud Ginions

Coordination Nationale des Art-thérapeutes
Contact :coordination.at@gmail.com

Nous nous sommes engagé(e)s dans une profession de la relation. « Une relation d'accompagnement et une relation de soin, humaniste et poétique.
L'art-thérapeute est un professionnel du soin et de l'art qui accompagne, par le processus de création, une personne dont la santé est affectée.
En tant qu'art-thérapeute, nous avons tous la même finalité : une finalité thérapeutique.
Finalité qui peut se nommer différemment : redonner de la pensée, retrouver sa joie intérieure, apprivoiser sa propre poésie, laisser place à son monde et ses états d’être, ouvrir un espace mental pour vivre, respirer, rêver, entendre sa petite musique personnelle, permettre sa (re)création en soi.
Pour accompagner ce chemin nous utilisons toute une palette de médiums artistiques, en fonction de nos compétences, de nos objectifs thérapeutiques adaptés et ouverts en laissant toute sa place à la personne reçue.
Pour accompagner sur ce chemin, nous mettons en place des dispositifs spécifiques de la relation en lien plus ou moins étroit avec la psyché, et en lien plus ou moins étroit avec le soma. Cela passe par la mise en place d'un cadre et d'un processus au sein de nos ateliers. Nous en sommes garants.
Nous naviguons sur ce trait-d'union, fil fragile, entre art et thérapie qui interroge nos postures et notre
pensée.
Il ne peut pas y avoir d'art-thérapie sans art-thérapeute quoi qu'en disent certains livres de « coloriage art-thérapie» vendus dans le commerce !
Et pourtant, notre profession existe-t-elle vraiment, n'étant pas reconnue nationalement ?
- Bien souvent nous sommes obligés d'accoler à notre discipline une autre profession reconnue pour
pouvoir exercer ou nous ouvrir certaines portes en institution. Alors que notre métier a des spécificités
propres qui le différencie des autres professions de soin, il est parfois cantonné uniquement dans la
médiation artistique.
- Nous ne bénéficions pas d'un parcours « tronc commun » de formation qui puisse offrir une
reconnaissance et un poids national.
- Nous sommes multiples et différents, c'est ce qui fait notre force. Et pourtant nous n'avons pas de lieu qui nous rassemble dans nos diversités de pratique pour échanger et se nourrir. La formation continue doit être au coeur de notre pratique.
C'est peut-être à nous, les art-thérapeutes passionné(e)s par notre discipline exigeante, de valoriser et de faire entendre nos apports et notre connaissance du métier.
Cet appel à se rassembler veut entamer avec vous la réflexion sur :
-ce qu'est notre culture commune
-l'existence d'un sentiment d'appartenance
-des échanges constants sur nos pratiques
-une indispensable formation continue sur nos postures professionnelles
-des temps de supervision pour partir du terrain
- la défense de notre profession, sa reconnaissance, sa formalisation dans la diversité
Pour cela nous vous proposons l'organisation d'une première rencontre nationale des art-thérapeutes
de deux jours organisée par des art-thérapeutes avec échanges multiples sur nos pratiques et aussi sur la constitution d'une coordination des art-thérapeutes à construire ensemble.
Mais elle ne peut avoir lieu que si elle amène le désir d'un maximum d'art-thérapeutes.
A vous de nous dire si vous voulez cette rencontre, quel que soit votre courant de formation, en laissant vos coordonnées à l'adresse suivante. Nous vous recontacterons dès que le projet sera concrétisé (février/mai 2017) certainement un week-end (quelque part en France).
Art-thérapeutes, stagiaires art-thérapeutes, si vous êtes partants, si vous voulez participer concrètement à sa mise en place, donner vos suggestions, échanger, rejoignez les signataires de ce texte au sein du groupe Facebook : « pour une réflexion d'une rencontre nationale des art-thérapeutes ».
Pour l'art-thérapie en France.
25.11.2016
Signataires fondateurs de l'appel

Christine Soler Pau (64) - Isabelle Schweitzer Bosdarros (64) - Arnaud Ginions Le Creusot (71) -
Christele Pinard Nantes (44) - Jean-Louis Aguilar Beziers (34 ) - Gilles Bardeau Beaumont (07) -
Frederic Ryfer Toulouse (31) - Christine Peres Saint-Mathieu de Tréviers (34) - Marina Caille Pierrefeu du Var (83) - Nathalie Renault Bordeaux (33) - Anne-Sophie Bouxom Valenciennes (59) - Aurore Duc Bordeaux (33) - Frédérique Fassot Vallon Pont Arc (07) - Stéphanie Arhel Le Crès (34) - Sylvie Remy Pau (64) - Christelle Charbonneau Poitiers (86) - Marie Carré Toulouse (31) - Élise Quillé Nancy (54) - Noonak Abou Abdellah Marseille (13) - Catherine Mirande Saint-Emilion (33) - Marine Garret Dijon (21) - Émilie Dorbane (44) - Sarah Pocah Marseille (13) - Alexandra Bertrand (44) - Virginie Boursier Deux Sèvres (79) - Pia Campos Bordeaux (33) - Agnès Bella Narbonne (11) - Sabine Mineur (51) - Karen Boetschi Bordeaux (33) - Sylvie Cormouls-Houlés Sainte Marie de Ré (17) - Cathy Guilbert Langon (33) - Catherine Fenouillas Bordeaux (33) - Matilde Cano Lopez Tours (37) - Cécile Fournier La Rochelle (17) - Laura Carton Limoges (87) - Philippe Teissier Poitiers (86) - Veronique Hilda Heim Strasbourg (67) - Amandine Mannessier Rochefort (17) - Louise Cohen Toulouse (31) - Carine Mahon Bassin d'Arcachon (33) - Elodie Navarro Lyon (69) - Oceane Grim (06) - Marion Journaud La Rochelle (17) et à Niort (79) - Sarah Dufeutrelle Rennes (35) - Meena Saadane Palavas les flots (34) - Tiziana Alma Meyer Paris (75) - Bénédicte Carrière Montpellier (34) - Elsa Chassagnac Lyon (69) - Alexandra Stagliano Paris (75) - Clara Brasier Reims (51) - Mylene Marion Grenoble (38) - Joëlle Raysséguier Lavaur (81) - Juanita Kirch Carcassonne (11) - Sandrine Ferrari Ville-la-Grand (74) - Ania Polfer Latour-Bas-Elne (66) - Cécile Louradour Gradignan (33) - Raynald Letertre Poitiers (86) - Marjorie Salvagni (Lisbonne) - Emilie Montialoux (81) - Joel Roth (68) - Catherine Olivo Claret (34) - Magali Magnoac (31) - Laure-Anne Bomati (44) - Solène Sirvente Metz (57) - Karine Chaumont Reims (51) - Patricia Vidili Kaluzny, Rodemack (57)






lundi 6 mars 2017

TRILOGIE de L'ERRANCE / 3ème épisode par Chantal RAJIC


"Va voir là-bas si j'y suis" ou l'étrange "là-bas"

Nous avons tous entendu cette expression étrange dans notre enfance. Elle venait nous dire qu'il fallait un peu s'éloigner, mettre de la distance, qu'il fallait ne pas déranger par notre attitude ou nos questionnements l'adulte proche de nous. Il fallait être rapidement là où je ne suis pas. Ce là-bas c'était n'importe où pour nous, dans un lieu connu, imaginaire ou simplement au fond du jardin ou de la cour. En même temps, elle était drôle cette expression, elle nous faisait sourire parce qu'elle n'était pas sérieuse. Nous savions bien que la personne n'y serait pas. Mais pourquoi nous le dire ? Pourquoi nous faire croire à ce dédoublement ? Alors on  faisait semblant de s'éloigner tout simplement.

Pour d'autre ce là-bas renvoie à une autre mémoire, un autre territoire, un autre continent. Là-bas derrière la mer, un refuge au soleil du réfugié.

Cette phrase que tout parent pouvait prononcer résonne doublement à présent dans l'absence du père.
Là-bas, il a laissé sa trace, testament de son passage sur une terre inconnue comme une terre promise.
Là-bas, y-a-t-il pensé, bercé par les souvenirs pour se protéger contre la peur de la vie qui se retire ?
Là-bas, l'endroit où l'on n'est pas mais qui fait tant de bien pour panser les tourments de la pensée d'un corps chaviré.
Là-bas c'est une douceur sucrée,
Là-bas comme une anesthésie pour oublier la vie.
Là-bas c'est l'étranger qui rit.

Il a fallu du courage pour mettre à nu ce parcours étrange d'étranger réfugié et pour le réciter en témoin du passé.
Ce passage douloureux qui faisait écho à un deuil récent et qui dans le silence révélait son absence projetait les mots comme une délivrance.
Des mots offerts en hommage,
des mots comme un cri,
le cri d'un nouveau- né délivré du passé.

Un enfant renaît à la vie, adulte, après avoir tout dit ou presque...
"Laissez-moi terminer" mais le temps est compté. Même s'il manquait quelques pages pour aller jusqu'au bout de cette rage, l'émotion surnage.
Le  temps ? Depuis si longtemps que j'attends ! Je suis venu de loin... L'émotion se propage.
Ce qui restait à dire ne le sera pas.

Là-bas, il est parti là-bas au pays d'où l'on ne revient pas,
Là-bas n'est plus là-bas,
c'est un autre pays que je ne connais pas.

Ici, j'y suis, j'y reste.
Là-bas, ci-gît suis.
Ici ou là-bas tu viendras me voir papa comme autrefois ?
Il y a parfois des signes qui ne trompent pas.
Un autre enfant est né avec une nouvelle identité, celui qui a témoigné pour l'éternité avec sincérité et générosité.

Naissance, résistance, souffrance, résilience, chance, reconnaissance, essence, absence, renaissance... tout a un sens à la lumière du cycle de la vie dont la roue tourne comme une symphonie.

Comme une délivrance au pays de l'errance,
une terre d'accueil comme une terre happy !

J'ai écouté entre les mots, entre les espaces, l’exaltation, la peur, la douleur et le sentiment du devoir accompli.
Là-bas c'est ce que l'on ne nomme pas mais qui englobe toute la surface du globe, c'est un point lumineux qui fait cligner des yeux.
Toute étrangeté avec ce qui a existé n'est que pure coïncidence.
Toute création est une solution.

Avec l'aimable autorisation de mon amie Chantal RAJIC.

TRILOGIE de L'ERRANCE : 2ème épisode

 Là-bas, si j’y suis…

ORAN

Ces mots résonnent toujours en moi !
Là-bas, c’est le nom du pays dont on ne prononce pas le nom.
132 ans de colonisation française ont réduit à néant tout sentiment humain d’altruisme, de compassion, de fraternité. La haine a fait son lit dans ce qu’il y a de plus abject dans l’homme, la terreur, la guerre, la torture, le viol.
« Va voir là-bas, si j’y suis ! », me disait mon père lorsque j’étais enfant et que je devenais par trop turbulent.
Là-bas, je ne t’ai jamais oublié !

L’année dernière, en 2015, spectateur devant mon poste de télévision, j’assiste à cette déferlante de réfugiés qui submerge l’Europe. Principalement, des réfugiés Syriens qui fuient la guerre. Et, je prends conscience soudain que je suis moi aussi un réfugié de la guerre d’Algérie. J’ai été un enfant dans la guerre, mais je l’avais occulté de ma mémoire !
Une guerre longtemps déniée par la France et les Français. On l’a d’abord qualifiée d’événements, et le gouvernement de l’époque parlait d’actions de maintien de l’ordre.

Là-bas, si j’y suis…
C’est l’accueil que nous ont réservé une partie des Français de métropole avec en tête le Parti Communiste Français et le syndicat CGT.

"Il y a 150 000 habitants de trop à Marseille", nous dit Gaston Defferre en parlant des pieds-noirs français !

C’est l’accueil de Gaston Defferre, alors Maire de Marseille en 1962 qui déclare dans la presse : « Nous avons 150000 habitants de trop ! Que les pieds noirs aillent se réadapter ailleurs ».

"Les pieds-noirs à la mer !" scande les cégétistes de Marseille.

C’est l’accueil des dockers CGT pendant l’été 1962 qui brandissent des banderoles ou on peut lire : « Les pieds noirs à la mer ».

La valise ou le cercueil !

De l’autre côté de la Méditerranée, en lettres sombres, le slogan « la valise ou le cercueil » s’étale sur les murs d’Alger, d’Oran, de Constantine.
Étrangers de partout, d’ici et d’ailleurs…
Nous sommes devenus les boucs émissaires d’un état et d’un peuple qui n’ont pas eu le courage d’assumer toute la barbarie qu’ils ont semé en Algérie française.

Que de chemin parcouru de 1962 à aujourd’hui !
Aujourd’hui, les expats de Côte d’Ivoire sont accueillis sur le tarmac du Bourget par le Premier Ministre ou le Président de République !
Aujourd’hui, face aux attentats en France, on sort l’artillerie lourde, cellules psychologiques, RAID, GIPN, GIGN, BRI, couvertures médiatiques maximums, commémorations des attentats, orchestrations télévisuelles…
Ne vous méprenez pas, je suis pour le devoir de mémoire.
Mais ce que nous avons subi en 1962, seuls et désemparés dans cette tourmente dont les enjeux politiques nous dépassaient, sans soutien psychologique, sans accueil, sans bientraitance, est en dessous de tout ce QUE VOUS POUVEZ IMAGINER.

Pierrelatte dans la Drôme

En septembre 1962, nous arrivons à Pierrelatte, petit village de la Drôme.
Nous, c’est mes parents, ma petite sœur et moi, le reste de la famille c’est éparpillé aux quatre coins de la France, on ne se reverra plus…
J’ai perdu ma famille et mon pays.
Mon instituteur me battait avec une grande règle jaune de 1 mètre que l’on trouvait dans toutes les classes, parce que je ne savais pas répondre à ses questions

Béziers dans l'Hérault

En septembre 1965, nous arrivons à Béziers, capitale mondiale du vin et du rugby. Mais, au cours de mon adolescence, la question de l’identité se fait prégnante. Je ne suis pas de Béziers, qui suis-je ?
Au lycée, je suis comme un étranger, je m’adapte, mais pas tant que ça, je deviens un mauvais élève, je réalise aussi aujourd’hui que j’étais dépressif.
A l’époque, dans les années 70 à 75, il n’y avait pas de psychologue pour aider les adolescents en détresse, alors on m’a fait redoubler la première et la terminale. Le mal-être devient plus intense, je suis perdu dans le monde des adultes et dans le monde du travail.
Ma réaction est celle du rejet, je conteste tout, je suis contestataire.
Et puis, à 25 ans, je m’intéresse aux soins infirmiers.
Je serai infirmier. Parallèlement aux études d’infirmier, j’entreprends un travail artistique de création avec la photographie et la peinture.

Au travers des écrits de S.Freud, M.Klein ou D.W.Winnicott, se fait jour la théorie que le désir de réparation  est le fondement de la créativité. Les actions de réparations dissipent les angoisses de la position dépressive.
Il est dit que celles-ci pourraient être à la base de la vocation professionnelle artistique et surtout soignante.
C’est l’angoisse dépressive qui amène le processus de sublimation, de symbolisation et de créativité, permettant au sujet une réparation. La notion de réparation chez Mélanie Klein se rapproche de ce que S.Freud nomme sublimation.
La perte et la destruction sont des sources de créativité car ces notions suscitent le désir de réparation, de reconstruction, de re-création.
Dans la phase dépressive l’objet fait partie intégrante du Moi et la réparation de l’objet revient donc à une réparation du Moi.

Autant Freud situait le symptôme comme étant bien plus une tentative de guérison qu'une maladie au sens médical du terme, autant Jacques Lacan a considéré le symptôme comme ce qui permet à un sujet de s'inscrire dans un lien.
Jacques Lacan a appelé « sinthome », ou « synt-homme » en un jeu de mots se référant d'une part à la plus ancienne graphie attestée en français du mot "symptôme" (1495 chez B. DE GORDON, Pratiq., II, sign. H 3d ds GDF. Compl.), et d'autre part au rôle qu'aurait tenu l'admiration que James Joyce pouvait avoir envers Saint Thomas d'Aquin, le « saint homme »/ « Saint Thom ».
Je relis le sinthome lacanien  avec le concept de créativité de D.W.Winnicott,
parce qu’il  présente le double avantage de la suppléance et de l’envie d’exister, d’être vivant et de survivre.

Devenu artiste et infirmier, je rencontre comme un fait exprès : l’art-thérapie !

 La nébuleuse de l'art-thérapie française !

Anne Brun dans le « Manuel des médiations thérapeutiques » (Ed. Dunod), conjointement écrit avec Bernard Chouvier et René Roussillon, pose le problème de l’art-thérapie en ces termes.

(p.94, chapitre 4) « Dans le contexte actuel d’une prolifération des thérapies à médiation artistique, référées à des champs théoriques très hétérogènes, souvent désignées par l’appellation floue d’art-thérapie, qui ne renvoie à aucune conceptualisation d’ensemble mais à des fragments de théorisation en archipel, il s’impose de dégager les conditions requises pour la mise en place d’un cadre qui relève réellement de la psychothérapie psychanalytique. »

(p.99, chapitre 4) « Notre expérience de supervision en pratiques institutionnelles nous a confrontés à une grande palette de modalités de fonctionnement des groupes à médiation, riches, cohérentes et inventives. Toutefois, certains positionnements extrêmes dans le rôle attribué à l’objet médiateur au sein de l’atelier à médiation ne permettent pas d’assurer suffisamment de liaisons interactives et souples entre les différents processus en jeu. Le clinicien est voué à naviguer entre Charybde et Scylla, entre un premier écueil constant à négliger les qualités sensorielles du médiateur en le transformant en simple prétexte à la rencontre thérapeutique, le second, à l’opposé, revenant  à surinvestir le registre sensori-moteur au détriment du registre verbal. Dans le premier cas, le clinicien semble considérer le médium comme un simple prétexte à la rencontre thérapeutique, au déploiement  d’un lien transférentiel et d’une dynamique verbale associative, sans prendre en considération les caractéristiques sensori-motrices propres au médium. Les cliniciens dans cette perspective ont alors tendance à privilégier les chaînes associatives groupales verbales, comme si la verbalisation était la seule source de symbolisation. La médiation est ainsi considérée comme une sorte d’échafaudage préalable, dont on peut se passer dès qu’une dynamique groupale et verbale se dessine. Il s’avère fort dommageable de faire l’impasse sur le travail de symbolisation à partir du registre sensorimoteur. On scotomise de ce fait un des deux termes du fameux paradoxe winnicottien du trouvé-créé, à savoir la dimension du « trouvé ». Inversement, les cliniciens doivent rester attentifs à ne pas négliger l’ensemble de la verbalisation, qui a accompagné l’utilisation de la médiation, s’ils se centrent essentiellement sur le registre sensori-moteur, au détriment du pôle verbal : la prise en compte de l’associativité de chaque patient au cours du processus de médiation, comme des associations verbales groupales, conditionne en effet l’interprétation des processus en jeu. Il s’agit aussi pour les cliniciens de ne pas revenir à des pratiques d’ergothérapie, qui ont marqué l’histoire institutionnelle des hôpitaux psychiatriques. »

J’ai donc choisi de forger mon propre outil art-thérapeutique et, puisque je travaillais en psychiatrie adulte au Centre Hospitalier de Béziers, j’ai mis en place une méthodologie que j’ai nommé « Triptyque d’Art-Thérapie adapté à la psychiatrie, pour une prise en charge des psychoses en Art-Thérapie Institutionnelle ».

Pour cela, je devais composer avec 3 contraintes :
La première contrainte est amenée par l’institution hospitalière, son cadre, sa réglementation et sa hiérarchie.
La deuxième contrainte est amenée par la prescription du médecin. 
La troisième contrainte est dans le type de population traitée en psychiatrie publique, c’est-à-dire outre la prise en charge de la maladie mentale, prendre en compte les dérives sociétales que l’on appelle pudiquement la précarité.

Le Triptyque d’Art-Thérapie  participe au soin, à la réadaptation et à la réinsertion sociale, principalement dans les psychoses mais aussi pour toute autre pathologie, c’est-à-dire les névroses, les addictions, les troubles du comportement de la personne âgée (les démences, Alzheimer, Korsakoff), la victimologie (agressions sexuelles, viols, incestes).

Méthodologie du « Triptyque d’art-thérapie adapté à la psychiatrie » :


Volet 1 : travail autour de l’identité
La question de l’identité évoquée par Jacques Lacan dans ce qu’il appelle la « forclusion du nom du père », m’a fait m’interroger sur ce que nous adresse le discours du psychotique.


Volet 2 : adaptation à sa réalité et réadaptation à la réalité
Adaptation pour le sujet jeune et sa famille à l’énoncé de la maladie, qui passe par le déni et la recherche d’une autre cause que la folie. 
Réadaptation, c’est à partir de l’acceptation que l’on va pouvoir travailler sur la réadaptation et que le patient devient partie prenante de sa thérapie.

Adaptation à sa réalité et réadaptation à la réalité, ce sont les bases théoriques que Freud énonce dans le principe de réalité et la confrontation qui en résulte entre le principe de plaisir et le principe de réalité.

C’est aussi pour Winnicott, l’adaptation au monde extérieur avec l’effet pervers du développement d’un faux-self adapté à la réalité mais qui laissera un sentiment d’inutilité. Le self permet d’atteindre  une confiance en soi et en l’environnement, ce qui  permet à l’individu d’être soi-même et d’avoir le sentiment d’exister.

Le développement du concept de la mère suffisamment bonne (good enough presenting. Ce qui me permet une transition rapide avec « Le complexe de la mère morte » d’André Green, qui nous éclaire sur la personnalité adaptative et sur la transmission de la dépression de la mère à l’enfant.


Volet 3 : communication, socialisation et resocialisation
Communication, socialisation et resocialisation, c’est ici la question de l’être au monde du psychotique qui est abordée, avec comme corollaire de pouvoir exister.

Pour Winnicott, l’objet transitionnel sera délaissé progressivement par l’enfant et se répandra dans le territoire intermédiaire qui sépare la réalité psychique intérieure du monde extérieur : le territoire de la culture et de la communication, incluant le jeu, le langage et l’art. La créativité influence la qualité des relations que le sujet aura avec la réalité mais aussi sa volonté à rester en vie !

Cette méthode du « triptyque d’art-thérapie adapté à la psychiatrie », je vais la mettre en œuvre dans un réseau de 11 ateliers :
1. Atelier Création (peinture)
2. Atelier Collage et Créativité
3. Atelier modelage (terre)
4.  Atelier Arts plastiques 
5. Atelier Expositions
6. Atelier Mandala ou dessin centré
7. Atelier Musiques du Monde
8. Atelier Café des Arts
9. Atelier Culture en marche
10. Sorties thérapeutiques et culturelles
11. Atelier  de « Relation d’aide et de Relaxation » (médiation corporelle)

La thérapie nécessite la mise place de deux cadres :
Le cadre extérieur  est sous tendu par la règle et les rituels d’atelier.
Le cadre intérieur, c’est celui du thérapeute (art-thérapeute) qui est sous tendu par ses références théoriques et sa déontologie intégrées dans sa pratique.

Vous l’aurez compris aisément mon art-thérapie s’étend aux médiations thérapeutiques, artistiques et culturelles.
Je vais maintenant faire le point sur le glissement sémantique qui pose problème aux art-thérapeutes en clarifiant mon positionnement sur les concepts : de création, de créativité d’art et d’esthétique…

Le glissement sémantique entre création, créativité, art et esthétique :

La création, c’est revenir à l’origine, l’origine du monde, revenir à l’origine du sujet. C’est l’action de donner l’existence, de tirer du néant.
Dans procréation, il y a création, revenir par le travail de création à l’origine, c’est permettre au sujet de renaître, c’est une renaissance.
Je me place du côté de la clinique et de la psychanalyse pour écouter et entendre ce que le sujet a à me dire de sa "création".
Les processus de création permettent  au sujet de rester vivant, de survivre.
Mais, ce n’est pas sans risques, car le sujet ne parvient pas toujours à réparer ses objets d’amour pour rester en vie.
Mélanie Klein dit ceci : « La création serait une re-création de l’objet perdu et l’œuvre d’art  serait pour l’artiste le moyen le plus satisfaisant et complet  pour soulager son remord et son désespoir […] pour reconstruire ses objets détruits. »

Dans la psychose, il y a deux voix d’expression de la folie :
-le délire, qui est une tentative d’adaptation et de réadaptation au réel. C’est aussi une création.
-et la création artistique qui est une recherche de l’identité sans cesse renouvelée car le nom du père est forclos !
La création tient lieu de suppléance à la place du signifiant forclos.
Suppléance imaginaire : s’identifier.
Suppléance symbolique : avec le cadre, les règles, les contraintes propres à la création.
Suppléance réelle : l’artiste est fils de son œuvre.
Ce que nous en dit Henri Maldiney : du vide à la création, faire œuvre, c’est dans la même mesure, se faire être (pour exister).
Or, faire œuvre c’est ex-ister, à travers l’œuvre, en avant de soi.

La forclusion du nom du père, nous ramène à la symbiose avec la mère. Le travail de création vient suppléer le manque et l’absence du père. 
C’est le tiers esthétique qui peut permettre un étayage pour  le psychotique. C’est un travail de « réparation » et de survie, de résistance à la maladie mentale, à la folie.

La créativité :
L’enfant ne fera pas le deuil de l’objet transitionnel mais étendra son intérêt pour le transitionnel à tous les domaines de la culture.
Pour D.W. Winnicott, l’objet transitionnel sera délaissé progressivement par l’enfant et se répandra dans le territoire intermédiaire qui sépare la réalité psychique intérieure du monde extérieur : le territoire de la culture et de la communication, incluant le jeu, le langage et l’art.
« Il s’agit avant tout d’un mode créatif de perception qui donne à l’individu le sentiment que la vie vaut la peine d’être vécue ».
La créativité n’est pas forcément en lien avec l’art !  Le tricot, le bricolage, la cuisine, le jardinage, la randonnée ou la pétanque sont liées à la créativité !
La culture est aussi un objet transitionnel qui permet de donner un sens à sa vie. La culture permet au sujet une intégration dans la société, une réappropriation du monde. 

L’art ne soigne pas !
L’art est un formidable médiateur d’expression et de révélation de soi.
(p.100, chapitre 4) « Il ne suffit pas en effet d’utiliser la terre, la peinture, la danse, la musique pour enclencher un véritable processus thérapeutique de médiation. L’objet médiateur ne présente en effet aucune portée thérapeutique en lui-même, indépendamment du cadre et du dispositif : c’est la projection de la topique interne du sujet sur le dispositif/cadre, qui en conditionne la portée thérapeutique. René Kaës (2002) insiste sur le fait que « l’objet n’est médiateur que dans un processus de médiation ».
Et j’enfonce encore un peu plus le clou en rajoutant que c’est la relation transféro-contre-transférentielle qui met en jeu le soin psychique !

L’esthétique vient de l’esthésie, son contraire c’est  l’anesthésie, la privation de la sensibilité.
L’esthétique au contraire, c’est le plein emploi de la sensibilité, de la sensorialité et de la sensualité. 
C’est ce qui va transparaître dans l’œuvre et venir nous toucher.
   
Pour conclure mon récit autobiographique sur la réparation du traumatisme et son impact chez l’enfant et sa famille, je sais que c’est un très long travail, celui de toute une vie.
Je pense à ses milliers d’enfants qui sont sur les routes et à leurs difficultés à venir. Accueillons les réfugiés sans aucune discrimination !

Les traumatismes laissés par les guerres, les camps d’internement, de concentration, de rétention et aujourd’hui les centres d’accueil et d’orientation nécessitent un très long travail de psychothérapie, de réparation, de résilience et de re-construction psychique.

Etranger dans mon propre pays, ma vie est un combat, j’y suis, j’y reste !

INFORMATIONS :
"L'art-thérapie fait son cinéma !"
         11e Rencontres de l’ARAT le 8 avril 2017 à Béziers
http://blogarat.blogspot.com/2017/02/lart-therapie-fait-son-cinema.html

Art-thérapeutes, Debout ! Signez la pétition sur Change.org :
https://www.change.org/p/ministre-de-la-sant%C3%A9-art-th%C3%A9rapeutes-debout?recruiter=353995044&utm_source=share_petition&utm_medium=facebook&utm_campaign=share_facebook_responsive&utm_term=des-lg-signature_receipt-no_msg&recuruit_context=fb_share_mention_variant&fb_ref=Default

Jean-Louis AGUILAR / Art-thérapeute

Notes bibliographiques :
Blogarat : 
http://blogartblogueur.blogspot.fr/2016/02/la-bas-si-jy-suis.html

Manuel des médiations thérapeutiques
Anne Brun, Bernard Chouvier, René roussillon, Ed. Dunod

Le sinthome
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sinthome
L’étranger,  Albert Camus Ed.Folio

samedi 4 mars 2017

On the road again with my art-therapy

Centre de Formation Le Baobab à Pau
Thème : Art-thérapie et créativité

Une journée de formation avec Jean-Louis AGUILAR / Art-thérapeute


Un art-thérapeute béarnais sur le chemin de Compostelle ? 
Non, un art-thérapeute qui vient soutenir son amie Christine SOLER et son Centre de Formation à l'Art-thérapie à Pau !

Dans le cadre de ses activités de formation en art-thérapie, le BAOBAB organise une conférence-débat animé par Jean-Louis AGUILAR, Art-thérapeute, Président de l'Association Recherche en Art et Thérapie de Béziers.

Cette conférence aura lieu dans les locaux de la SCIC-PP 2 rue de Craonne à Pau :
SAMEDI 11 MARS 2017 de 9h30 à 17h30

De la clinique à la mise en place d’un dispositif art-thérapeutique
Pour un juste équilibre entre art et thérapie !

Présentation de mes méthodologies en art-thérapie et en médiation corporelle.
1.Méthodologie du "Triptyque d'art-thérapie adapté à la psychiatrie.
   Pour une prise en charge des psychoses en art-thérapie institutionnelle.
2.Méthodologie de "Relation d'Aide et de Relaxation"
   (Exercices corporels, relaxation, cohérence cardiaque, mindfulness)
3.Art-thérapies, médiations thérapeutiques, médiations artistiques, médiation culturelles ?
4.Une clarification sur le glissement sémantique entre création, art, esthétique et créativité.

> Questions, échanges avec le public

Introduction à l’œuvre du peintre Gaston Chaissac
> Projection du film « Gaston Chaissac : Plante vivace »
> Corrélation de l’œuvre et de la vie de Gaston Chaissac avec la forclusion du nom du père et le travail de réparation par la création.

> Questions, échanges avec le public

> Présentation d’œuvres de patients

> Questions, échanges avec le public

> Psychopathologie de l’Expression comparée au malentendu de l’Art Brut de Jean Dubuffet, points communs et différences.

> Questions, échanges avec le public

Participation :

> Gratuit pour les membres de l'Atelier Le BAOBAB : stagiaires, formateurs, personnel salarié de la SCIC Pau-Pyrénées intéressé par la recherche en art-thérapie.
> Autres Professionnels : 15 euros
> Demandeurs d'emplois, étudiants : 10 euros

> Réservations au 0619053259 jusqu'au 10 mars 2017.

Christine Soler / Art-thérapeute / Formatrice en art-thérapie
> Centre de Formation "Atelier le Baobab"
Tel : 06 19 05 32 59
atelierbaobabscicpau-pyrenees@orange.fr

mercredi 1 mars 2017

TRILOGIE de L'ERRANCE : 1er épisode

Communication pour les Journées d’Automne de la SFPE-AT, les 2, 3, 4 décembre 2016 à Paris.

Titre : Là-bas, si j’y suis…

Résumé :
Marchant dans les pas d’Albert Camus, je viens de l’autre France, de celle que l’on ne nomme pas, où seulement en disant : là-bas !
Je voudrai témoigner de manière autobiographique sur mon parcours d’étranger et de réfugié dans mon propre pays.
Expliciter comment la création (le processus de création) va me permettre et permettre aux laissés pour compte qui jalonnent les marges de la société de pouvoir survivre et de réaliser un travail de résilience, une tentative de survie dans un milieu étrange autant qu’étranger.
Créer ou mourir.
Il n’y a pas d’alternative, que l’on soit artiste ou psychotique !

L’art-thérapie, je le réalise aujourd’hui ayant quitté le monde hospitalier pour une retraite bien méritée selon la formule consacrée (sic), a été le soutien, la suppléance, le sinthome qui m’a permis de résister à la dissolution et l’anéantissement de mon être !

Je ferai le point sur le glissement sémantique qui empoissonne le petit monde de l’art-thérapie française en clarifiant mon positionnement sur les concepts de : création, art, créativité et esthétique...


JEAN-LOUIS AGUILAR
Infirmier Diplômé d’Etat
DU de « Psychiatrie, Psychothérapies médiatisées et Créativité »
Certificat de Praticien en Art-thérapie
Certificat de Praticien en médiation corporelle et relaxation
Enseignant-vacataire des Universités de Toulouse
Chargé de cours et chercheur en Art-thérapie au CEPPA
Formateur en Art-thérapie et médiations thérapeutiques
Président de l’Association de Recherche en Art et Thérapie (ARAT)
Membre de la SIPE-AT
Membre de la SFPE-AT
Peintre-photographe, conférencier, art’blogueur