mardi 21 mai 2013

EXPOSITION D'ART-THERAPIE : VOYAGES

Conjointement au Congrès de la SFPE-AT, le Service de Psychiatrie, Psychothérapies médiatisées et Art-Thérapie sous la direction du Dr Granier présentait à l'Hôtel-Dieu de Toulouse l'exposition "Voyages" du 10 au 14 avril 2013.


Après les grandes expositions précédentes à l'Hôtel-Dieu de Toulouse, SABLES, NATURES, ROBOTS, voici en 2013 VOYAGES.


Il s'agit à nouveau de l'illustration de ce que peut produire un véritable projet d'art-thérapie. Partagé par tout un collectif de groupe, il saisit un thème qui renvoie autant au monde extérieur, qu'au monde du voyage intérieur. Il se prête à l'exercice de médiums multiples, peinture, sculpture, photographie, théâtre, écriture, tous représentés.


VOYAGES est aussi le symbole d'une façon de travailler, d'organiser le soin. Nous avons effectivement beaucoup voyagé, de différentes façons. L'Art-Thérapie est bien un moyen de s'éloigner de l'asile, de connaitre le monde, de s'extravertir à travers de nouvelles images de soi, d'extérioriser drames et passions oppressantes. L'exposition est invitation au voyage pour le public, pour dé-stigmatiser, partager le regard.

Toute thérapie n'est-elle pas un voyage ?
Dr François GRANIER

Discours du Dr Granier pendant le vernissage de l'exposition "VOYAGES".




L'Art de l'Art-Thérapie parviendra t-il à sortir de l'anonymat ?

Jean-louis Aguilar-Anton / Art'Blogueur

lundi 20 mai 2013

Congrès d'Art-Thérapie SFPE-AT

Journées de Printemps de la Société Française de Psychopathologie de l'Expression et Art-Thérapie.
Toulouse 12 et 13 avril 2013
Musée d'Art Contemporain "Les Abattoirs"
Organisé par le Dr François GRANIER
Président de la SFPE-AT

Argumentaire du Congrès :

La proposition de créer s'intègre aujourd'hui de diverses façons dans le projet de soin. Il peut s'agir de faciliter le besoin d'expression, de nouvelles formes d'accès au bien-être, d'adjuvant aux autres thérapies, d'aide psychothérapique, ou de véritable projet existentiel.

Cette démarche se fait aujourd'hui dans un cadre de plus en plus complexe, multiplication des intervenants, diversités des sites de création, nouveaux aspects communautaires, questions éthiques. Il existera toujours des créateurs solitaires ou marginaux, mais nombreux sont ceux qui se découvrent tels en milieu collectif, dont celui du soin.

                               L'accueil et le partage autour d'un café

Montrer de telles œuvres ouvre de nouveaux débats, s'agit-il de les considérer comme des histoires ou des formes, comment peut-on éviter autant le réductionnisme clinique que le réductionnisme esthétique ? Comment la muséologie contemporaine, avec ses médiations pour améliorer leur approche, peut-elle aider à révéler autant la dimension des souffrances individuelles, que ce fait de co-création en milieu thérapeutique.
L'heure est aux usagers de la Santé Mentale, à l'empowerment et à l'information en Santé Publique. Mais aussi aux abords complémentaires psycho-thérapeutiques et cognitifs.Comment prendre en compte tout ce contexte et donc comment penser de tels espaces d'exposition ?

De plus beaucoup d’œuvres solitaires ou institutionnelles sont perdues. On peut dans ce domaine parler des arts orphelins. Leur précarité, leur finition non professionnalisée pose des problèmes de conservation. Comment les protéger, mais aussi au-delà comment conférer un statut d'objet de recherche à ces formes d'art.

Autant de questions qui renvoient au sens, et à l'éthique, surtout dans l'évolution des comportements, des rapports à la maladie et à l'art, et des attentes des nouveaux publics du Monde de la Santé. Le challenge est triple autant à la modification de l'image de la maladie, que de celle du soin, que de l'appréciation esthétique.

Dr François GRANIER.



Plusieurs membres de l'ARAT ont fait le déplacement, ce fut l'occasion de se retrouver et d'échanger autour des questions de l'Art et de la Thérapie.

Jean-Louis Aguilar-Anton / Art'Blogueur

mercredi 24 avril 2013

L'Art-Thérapie en France aujourd'hui, commerce ou thérapie ?


Introduction : l'Art-Thérapie en 2013.
L'Art-Thérapie se dilue, elle se disperse en essayant  de s'implanter dans tous les champs d'action possible, dans une course à la reconnaissance perdue d'avance par manque de crédibilité scientifique.
Je parle d'une crédibilité scientifique dans le domaine des sciences humaines.
L'Art-Thérapie est dans tout et tout est Art-Thérapie !

1.Etat des lieux :
Il est urgent de clarifier le positionnement de l'Art-Thérapie française !
Plus de 100 formations recensées en 2013, avec à la clé DU, Master, Certificat, Certification Professionnelle
(tous ces diplômes et certificats ne sont reconnus que par l'organisme qui les délivrent).
Comment s'y retrouver avec des terminologies différentes comme les psychothérapies médiatisées, les thérapies médiatisées, les ateliers d'expression créatrice, les médiateurs thérapeutiques, la psychopathologie de l'expression, les médiations créatrices et artistiques, l'art cru, etc...
Et l'Art-Thérapie, dans tout çà ?...
D'autre part, dans l'Art-Thérapie même, il y a plusieurs classifications.
Irons-nous jusqu'à inventer un vaccin arthérapeutique pour être d'avantage dans la Prévention ?
Tous les citoyens doivent -ils passer au crible de l'Art-Thérapie pour trouver le bonheur ?
Toutes ces directions que l'on fait prendre à l'Art-Thérapie posent question.
J'ai également trouvé l'Art-Thérapie transpersonnelle, l'Art-Thérapie neuro-cognitivo comportementale, l'Art-Thérapie évolutive, etc...
Difficile de s'y retrouver devant  tant de directions et de formations différentes !

2.L'art-thérapeute n'est pas attendu à l'hôpital :
L'art-thérapeute en milieu hospitalier est en concurrence avec d'autres professionnels qui sont eux reconnus et inscrits au "Répertoire des Métiers de la Fonction Publique Hospitalière".
Les psychiatres et les chefs de service qui ont pouvoir à construire les équipes soignantes, ne choisissent pas forcément d'intégrer des art-thérapeutes dans leurs organisations.
L'Art-Thérapie en milieu hospitalier, est le fait d'une personne motivée et passionnée par l'Art-Thérapie, qui se bat pour la faire exister. Le plus souvent ce professionnel possède un premier métier paramédical ou médical qui lui permet d'exercer dans l'institution.
Mais le jour de son départ à la retraite, son atelier sera fermé, car art-thérapeute ce n'est pas un métier mais une spécialisation !
Voici une liste non exhaustive des intervenants en milieu hospitalier et institutionnel :
-psychiatre (plasticien, art-thérapeute)
-psychologue clinicien, spécialiste de la médiation thérapeutique
-psychanalyste, psychothérapie par l'Art
-infirmier, médiation thérapeutique
-aide-soignant,atelier occupationnel et sortie thérapeutique
-AMP
-ergothérapeute, ergothérapie médiatisée
-psychomotricien, médiation corporel, théâtre
-éducateur spécialisé, médiation thérapeutique et social
-moniteur éducateur, resocialisation
-animateur en arts plastiques (BAFA-CEMEA)
-plasticien intervenant (Centre de Formation des Plasticiens Intervenants-Strasbourg)
-artiste DRAC (Programme Culture à l'Hôpital)
-intervenant Art Brut (LAM-CHS ST-Alban)
-intervenant bénévole des Hôpitaux (Blouses roses)
-animatrice en M-R
-comédien intervenant
-etc...

3.L'art-thérapeute en libéral :
Nous venons de constater les difficultés d'insertion des art-thérapeutes en milieu hospitalier.
Voyons maintenant, l'insertion socio-professionnelle des art-thérapeutes en libéral. Ils ont pour la plupart une solide formation artistique, mais pêchent sur le plan de la formation clinique, car exercent très peu en institution  à temps complet.
L'expérience clinique ne peut s'acquérir que sur le long terme en travaillant dans une institution en général et en psychiatrie en particulier.Le fait d'exercer en institution  et en psychiatrie est formateur.
L'autre problème que je constate, se situe au niveau de la prescription médicale.
L'art-thérapeute en libéral n'exerce pas sous prescription médicale. Il auto-prescrit des séances d'art-thérapie et n'adresse pas de compte-rendu au médecin du patient.
Livré à lui-même, il aura tendance à se rapprocher du développement personnel, de la recherche spirituelle, du coaching et des salons du bien-être ! Toutes ces disciplines ne sont pas reconnues sur le plan scientifique et ne constituent pas en soi des psychothérapies.
Le danger est clair, c'est une dérive vers les médecines douces et les thérapies alternatives.

4.Perspectives et réflexions sur la construction du métier d'art-thérapeute :
Le métier d'art-thérapeute est double, d'un côté il y a l'Art et son Histoire, de l'autre le Soin et la Thérapie.
L'art-thérapeute fait le lien entre ces deux pôles, c'est ce qui fait la singularité de ce métier.
Constatant les dérives proche du domaine sectaire et du commerce du bien-être, que l'on fait subir à l'Art-Thérapie aujourd'hui en France, à titre personnel et cela n'engage que moi, je souhaite avoir une réflexion déontologique et éthique sur l'utilisation de l'Art-Thérapie.
L'Art-Thérapie doit s'extraire du domaine des médecines douces et des thérapies alternatives pour gagner en crédibilité face au corpus médical et psychologique.
Le commerce de l'Art-Thérapie est florissant, certains organismes de formation l'ont bien compris. Et la prolifération des codes de déontologie n'augure rien de bon, et ne fait qu'accentuer les divisions et les clivages entre les différentes formations. Diviser, pour mieux régner, alors qu'il faut fédérer !
Il  est souhaitable de réfléchir à la mise en place d'un référentiel et d'une ingénierie des études et du métier d'art-thérapeute, avec la possibilité de parvenir à un Diplôme d'Etat d'Art-Thérapeute (DEA-T), ce qui mettra un terme aux polémiques et discussions sans fin sur l'Art-Thérapie !
Ce métier pourra alors être validé par le Ministère de la Santé, et l'inscription au Répertoire des Métiers de la Fonction Publique Hospitalière pourra avoir lieu, ce qui permet d'officialiser également la pratique de l'Art-Thérapie en libéral.
Il reste la question du positionnement, les art-thérapeutes souhaitent-ils être des paramédicaux qui exercent avec une prescription médicale, ce qui leur assure une sécurité et une supervision continue.
Ou souhaitent-ils être indépendants du corps médical, mais dans ce cas le positionnement statutaire me semble plus compliqué.

Conclusion :
Les art-thérapeutes doivent choisir entre commerce et thérapie !
L'art-thérapeute est un hybride, entre l'artiste et le psychologue. S'il penche trop du côté de l'Art, autant qu'il soit artiste à part entière. S'il penche trop du côté de la clinique, il existe le métier de psychologue clinicien.
L'art-thérapeute est un équilibriste qui avance sur la corde raide du jeu.
Cet équilibre entre l'Art et la Thérapie, c'est ce qui fait tout l'intérêt de ce métier, que je souhaite défendre et valoriser.

Jean-Louis Aguilar / Art-Thérapeute.

"Résister, c'est Créer. Créer, c'est Résister". Les indignés. Stéphane Hessel.

PS : vous pouvez envoyer vos réflexions sur l'Art-Thérapie française en 2013; à asso.arat@gmail.com


dimanche 31 mars 2013

Assemblée Générale de l'ARAT du 23 mars 2013

Samedi 23 mars 2013, s'est tenue l'Assemblée Générale de l'ARAT à la Maison de la Vie Associative de Béziers.

Les faits marquants de notre réunion :

1. Le partenariat avec l'association "Psy d'Ici et d'Ailleurs" dont Brigitte Manivelle est la Présidente.
Cette association est basée au CHS Montfavet / Avignon.
Ce partenariat permet une collaboration de nos deux associations dans le domaine de l'Art et des Thérapies.

2. Création de 6 groupes de travail et de réflexion* :
    Groupe 1 : le statut de l'art-thérapeute en libéral / Caroline Germain
    Groupe 2 : la Co-vision en Art-Thérapie / Caroline Germain
    Groupe 3 : le dispositif en Art-Thérapie / Catherine Bodart
    Groupe 4 : exposition collective des adhérents de l'ARAT / Geneviève Dindart
    Groupe 5 : l'Art-Thérapie Clinique / Jean-Louis Aguilar
    Groupe 6 : Théorie et Clinique en Art-Thérapie et médiation thérapeutique / Gaëlle Van Ham
 *pour participer aux groupes de travail et de réflexion, il faut être adhérent à l'ARAT.

3. Création d'une Antenne ARAT / Toulouse-Midi-Pyrénées
A l'initiative de Christine Marion, qui m'a contacté pour me soumettre ce projet.   L'idée lui est venue en constatant  le nombre important d'adhérents sur la région de Toulouse et la difficulté de se réunir sur  Béziers.
Christine Marion est nommée Vice-Présidente, elle aura donc autorité pour diriger l'Antenne ARAT de Toulouse.

4. Les engagements de l'ARAT qui positionnent notre association en tant que mouvement.
L'association ARAT est une association libre et indépendante, qui ne reçoit aucune subvention,  elle fonctionne avec les cotisations des adhérents.
L'ARAT n'est pas une association corporatiste, ce n'est pas une association d'art-thérapeutes.
Il existe déjà la FFAT (Fédération Française des Art-Thérapeutes) qui représente la profession !
L'ARAT est une association pluridisciplinaire, regroupant des artistes, des professionnels de  la   Santé Mentale, des thérapeutes et des personnes intéressées par la recherche autour des Arts et des Thérapies.

"L'ARAT, ce n'est pas seulement une association, c'est aussi un mouvement".
 
L'ARAT s'engage :
1. à soutenir une psychiatrie humaniste, différente de la psychiatrie sécuritaire.
2. à soutenir la psychothérapie institutionnelle où la pluridisciplinarité de la prise en charge autour de la psychose  fait consensus.
3. résolument à soutenir une Art-Thérapie centrée sur le soin, la thérapie et la création en lien avec la psychopathologie clinique, bien différente du développement personnel, du coaching, de la recherche spirituelle et du bien-être.

Béziers, le 23 mars 2013.
Jean-Louis Aguilar / Président de l'ARAT
Contact : asso.arat@gmail.com


dimanche 24 mars 2013

L'Atelier de YANKEL

Exposition à l'Espace RIQUET de Béziers du 1er mars au 12 mai 2013.

"J'ai plus de joie à voir les tableaux que j'aime accrochés ici que de les voir s'entasser dans un grenier sans que personne n'en profite.
Ce qui importe avant tout, c'est la prédominance émotionnelle de tel ou tel élément et non sa position conventionnelle dans l'espace.
Il s'agit d'apprécier ces oeuvres en fonction de leurs qualités émotionnelles autant qu'esthétiques." Yankel


Biographie
Jacques Yankel, de son vrai nom Jakob Kikoïne, est né le 14 avril 1920 à Paris. Fils de Mikhaïl Kikoïne et de Rosa Bunmovitz, c'est le deuxième enfant du couple puisque Claire Kikoïne naît  en 1915. Il grandit jusqu'à l'âge de dix ans à la Ruche, l'atelier créé pour les artistes par le sculpteur Alfred Boucher, dans le 15éme arrondissement de Paris. Autour de lui vivent également les autres artistes, dont les inséparables Pinchus Krémègne et Chaïm Soutine, arrivés de Vilna en Russie où ils se sont connus, (Vilnius aujourd'hui).


C'est évidement un univers intellectuel et artistique extraordinaire où se côtoient le génie des artistes et leur grande pauvreté dans un Paris qui accueille cette école expressionniste qui deviendra "l'Ecole de Paris". Car il faut encore compter parmi eux Chagall, Modigliani, Fernand Léger, Alexander Archipenko, Max Jacob...


En 1927, la famille s'installe rue de Gentilly, à Montrouge, et Michel Kikoïne peut enfin acheter une petite maison à Annay-sur-Serein, dans l'Yonne, lieu de rencontre où se retrouvent peintres et poètes.
Mais Michel Kikoïne veille à l'éducation de son fils, et lui évite de suivre son propre itinéraire, tant les difficultés économiques et les vicissitudes sont nombreuses.
Aussi si Yankel commence à dessiner à l'Ecole des Arts appliqués, il entre rapidement dans la "vie active" : il reste quelque temps à l'atelier d'orfèvrerie de Lacroix mais son indiscipline le fait renvoyer.


Pendant la seconde guerre mondiale, il occupe des emplois  temporaires en imprimerie  et atelier de gravure, notamment à l'imprimerie Draeger à Toulouse où les évènements l'ont conduit à se réfugier avec sa famille.
De 1940 à 1945, il poursuit des études très poussées de géologie à la Faculté des Sciences, se spécialisant dans la micro-géologie. Il y obtient un diplôme  d'études supérieures en 1943. En 1941 il épouse Raymonde Jouve, et en 1946, naît sa fille Dinah Kikoïne.
En 1947, il participe épisodiquement en peintre amateur au groupe du Chariot, avec les artistes Jean Hugon, Michel Goedgebuer, Robert Pagès, Christian Schmidt, André-François Vernette, Jean Teulières. Le groupe est actif jusqu'en 1954.
De 1948 à 1951, il est recruté  comme hydrologue-géologue au Ministère de la France d'Outre-Mer pour la carte géologique de Gao-Tombouctou-Tabankort.


Il séjourne donc au Soudan où il creuse des puits pour les Touaregs ; il fait la découverte de l'art marginal en 1949 et à Gao, en Afrique Occidentale Française. De cet épisode, il garde un goût certain pour les civilisations et l'art africain, dont il devient un grand collectionneur. Dans les chaudes heures de la journée Yankel peint femmes, enfants, hommes, objets. A Gao, il rencontre inopinément Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre. Ce dernier l'encourage à revenir plus avant vers la peinture.
Il soutient l'année suivante sa thèse de doctorat en géologie à la Sorbonne : "Introduction à l'étude géologique et micro-paléontologique du Flysch Crétacé supérieur nord-pyrénéen". Mais c'est la peinture vers laquelle il se tourne définitivement : en 1952, il retourne habiter à Paris et fait ses débuts de peintre à la galerie Lara Vinci, rue de Seine. Il prend un atelier à la Ruche, retrouvant ses souvenirs de jeunesse. Il obtient le Premier Prix Neuman et une bourse du Prix Fénéon. Il compte parmi ses amis Clavé, Cottavoz, Pelayo, Bendov, Pollack, Jansem, Lersey.


En 1953, en compagnie d'Orlando Pélayo, il découvre le village de Labeaume, en Ardèche, où il s'installe tous les étés. Il obtient le Deuxième Prix de la Jeune Peinture.
En 1954, il expose ses oeuvres à Paris, aux Salons des Indépendants, et figure à l'exposition "Aspects du Réalisme" au Musée de Mulhouse. Il obtient  également  le Prix de la Société des Amateurs d'Art à la galerie des Beaux-Arts ; il est invité à la Biennale de Sao Paulo. Il participe désormais à de très nombreuses expositions collectives internationales.


En 1955, ce sont ses premiers succès en tant qu'artiste reconnu, sa première exposition personnelle. De 1957 à 1959, il continue d'exposer et voyage au Maghreb, aux Baléares, à Genève et en Israël. Jacques Yankel fait alors partie de ce que l'on appelle la "Nouvelle Ecole de Paris".
Les années 1950, font de son art une période d'expressionnisme, se référant à Gruber, Lorjou, Buffet, Rebeyrolle, avec de solides qualités de matière. Son installation à Labeaume est durable : il s'y marie avec Jacqueline Daneyrolle en 1960. De 1961 à 1965, il expose à Paris, en Israël et à Amsterdam.
En 1966, sa mère, Rose Kikoïne, décède.


En 1967, il part précipitamment en Israël pour la Guerre des Six-Jours. Il débarque le sixième. Il s'engage volontairement au kibboutz Zikron Jacob et Mayan Zvi et il y travaille trois mois à des tâches ingrates.
En 1968, son père, Michel Kikoïne, décède.
Les années 1960 le font s'éloigner de l'expressionnisme pour  atteindre à une plus grande liberté d'invention plastique, dans une sorte d'expressionnisme abstrait. Il est alors engagé comme professeur d'arts plastiques par des étudiants des Beaux-Arts. Il continue cette activité jusqu'en 1985. Selon les moments, les thèmes qui motivent ses effusions colorées dans des matières foisonnantes, sont des orchestres, des manèges, des cirques, des paysages : le village de Labeaume, les toits des maisons des villages, le carnaval de Nice, des portraits d'amis, dont celui de Philippe Soupault, des coqs, des paysages d'Israël, Venise, etc.


Dans les années 1970, il continue à exposer. En 1978, il participe à la réalisation des décors de la pièce Othello de Shakespeare montée par Georges Wilson. Il commence à travailler avec la Galerie Yoshii à Tokyo et Paris.
En 1987, il se marie avec Lidia Syroka et expose à Anvers en Belgique. En 1987, Jacques Yankel, peintre, sculpteur et collectionneur d'oeuvres naïves, fait don au Musée de Noyers-sur-Serein, d'une centaine de toiles d'art naïf faisant partie de sa collection personnelle.
Depuis Yankel expose toujours notamment en Ardèche où il partage parfois les lieux d'expositions avec son ami le peintre naïf Gérard Lattier, peintre d'ex-votos.
En 2013, Yankel perd sa soeur Claire, et expose pour la première fois à Béziers.


                                                L'armoire Henri II.
"Pour ceux qui n'ont jamais fait, connaissance avec une armoire Henri II, je précise que c'est un bahut conséquent mais encombrant, très lourd, en bois de chêne qui brûle très bien dans la cheminée.
Justement une amie se proposait de m'offrir la sienne d'armoire !!! pour me chauffer !!!
Au lieu de quoi, j'en ai fait une superbe vitrine pour exposer tous les brimborions traînant par ci, par là...
Mais le premier objet sérieux me fut offert par ma fille Dinah lorsqu'elle trouva un vilebrequin rouillé tombé d'un camion.



Et puis , et puis les trouvailles s'amoncelèrent : deux sabots dépareillés ...; à la brocante de Joyeuse j'achetais des boules de pétanque cloutées, des vestiges de poupées désarticulés, un couvercle de boîte à violon, une paire de pédales de bicyclette, des cornes de bête à cornes, un fragment d'épouvantail à moineaux et même un piège à souris, un guignol, deux brocs à lavement peinturlurés par mes soins...
Toutes ces merveilles se logèrent sur les étagères de l'armoire... au point qu'elle devint une oeuvre d'art à part entière et jamais terminée... toujours vivante !..."


Yankel et Bernard Salques / Ethnologue et Conservateur du Patrimoine

Jean-Louis Aguilar-Anton / Art'Blogueur

samedi 9 mars 2013

Triptyque du (sus)Pendu

J'ai constaté dans ma vie personnelle, surtout dans mes années de jeunesse, une attirance pour la perfection.
Puis au cours de mon exercice professionnel à l'hôpital, j'ai observé chez les patients une obsession pour la perfection. Cette quête de la perfection engendre angoisse et malaise.
La perfection est un leurre, un mirage que l'on ne peut atteindre, et qui développe chez le sujet insatisfaction, dévalorisation et dépression.

J'ai décidé dans mon travail de peintre, de prendre le contre-pied de la perfection. D'orienter mon travail sur trois thèmes de recherche : l'inachevé, l'incertitude, l'imperfection.

l'inachevé

l'incertitude

l'imperfection

(sus)pendu à tes lèvres
je bois tes paroles
sur tes lèvres
je lis
je t'incorpore, tu m'incorpores
phagocyte...
amibe du désir
méiose du couple
mitose de la fusion
je suis pendu à toi !

Triptyque du (sus)Pendu

Puis, dans ma vie personnelle et professionnelle, j'ai opté pour un travail autour du lâcher-prise avec la relaxation et la méditation.
Je vous recommande les ouvrages de Christophe André, psychiatre qui utilise la méditation à l'hôpital Sainte-Anne à Paris :
< Imparfaits, libres et heureux. Pratique de l'estime de soi. 2006. Ed. Odile Jacob
<Méditer, jour après jour. Ed. L'Iconoclaste

Jean-Louis Aguilar-Anton / Peintre-Photographe / Art-Thérapeute.


mardi 5 mars 2013

Dino CASTELBOU : la Révélation Esthétique

Peintre et poète, Dino CASTELBOU poétise le quotidien.
Il a exposé à Pézenas dans le cadre de la Mirondela del Arte en 2011.
Et il a publié un recueil de poèmes intitulé : " Les poèmes n'ont pas de prix et les poussins encore plus" en 2012 chez Editions Aquarius (www.editions-aquarius.com).

peinture art aborigène

"Je m'inspire de l'art aborigène, un art qui pose la problématique de l'environnement au premier plan :
c'est la terre vue du ciel, là où l'espace de nos vies prend sa réelle mesure".

Le Ciel embrasse la Terre
Son profond amour
Le guidant
Dans la joie et la peine
Où j'ai soif de peindre
L'horizon de la Lumière
Un arc-en-ciel de sourires 
Enjambant la forêt des souvenirs
Qui récitent les présages
Fêtant la tendresse retrouvée
De la Non-violence charmée
par le Mystère.

                                                   inspiration indienne

                                                 homme saluant le soleil


Mis en ligne avec l'autorisation de l'artiste.
Je remercie Dino Castelbou pour sa contribution à blogarat.

Jean-Louis Aguilar-Anton / Art'Blogueur