jeudi 3 mai 2018

“PSYCHANALYSE ET NEUROSCIENCES” par Jean-Jacques PINTO


 Résumé de la conférence 
"PSYCHANALYSE ET NEUROSCIENCES"
(La conférence "Psychanalyse et Neurosciences" a été faite par Jean-Jacques PINTO le mardi 8 novembre 2011 à 18 h 30 au Théâtre Comoedia à AUBAGNE, Bouches-du- Rhône) 


ARGUMENT :

Tout en marquant la spécificité de chacune de ces deux approches quant à l’abord du psychisme humain, le conférencier tentera, entre autres à l’aide d’une analogie simple et d’une méthode originale d’analyse de discours, de montrer ceci :  
À l’encontre des positions dogmatiques (assorties de rejet mutuel) émanant des camps retranchés d’inconditionnels partisans, il existe des passerelles et des possibilités de coopération fructueuse entre neurosciences et psychanalyse.  

Une condition essentielle pour ce dialogue est que soit redéfini ce qui n’aurait jamais dû cesser de les inspirer : la démarche scientifique, considérée à la fois
  • dans ses variantes adaptées aux sciences de la nature et aux sciences humaines, 
  • dans son souci de démonstration et de réfutation en ce qui concerne aussi bien le cas particulier que la loi générale.


INTRODUCTION : Faisons l'inventaire des positions sur ce sujet. 

I) Les dogmatiques s'affrontent 
On fait état de « grand débat parfois meurtrier » entre partisans de l'homme comme machine et de l'homme comme étant uniquement esprit et idées ».
On parle aussi de « lutte fratricide » etc. 

— Il y a du côté des neurosciences les réductionnistes de « l'homme neuronal » : l'architecture cérébrale rendrait à elle seule compte de tout le fonctionnement psychique. « Le cerveau sécrète la pensée comme le foie sécrète la bile », la circulation des médiateurs chimiques dans le cerveau suffirait à expliquer tout fonctionnement mental. 
Les tenants du matérialisme philosophique refusent l'existence d'un principe immatériel, et l'esprit est conçu comme la manifestation de phénomènes physiologiques régis par les lois de la physique. 
L'éliminativisme considère que notre compréhension quotidienne du mental est une erreur radicale et que les neurosciences montreront un jour que les états mentaux ne se réfèrent à rien de réel. Pour certains, le concept de conscience sera éliminé par les progrès des neurosciences. L'éliminativisme a été supplanté par le computationalisme, théorie qui conçoit l'esprit comme un système de traitement de l'information et compare la pensée à un calcul, plus précisément, à l'application d'un système de règles. 
Suit ici un détour méthodologique avec les six approches recensées par J. Herman : l'approche positiviste, les approches compréhensives, l'approche dialectique, l'approche fonctionaliste, l'approche structuralisteet l'approche praxéologique. 
Le positivisme doit se reconnaître comme une des branches du matérialisme. ... Quelques mots sur le positivisme de Freud 
Il existe d'autre part des réductionnistes parmi ceux qui travaillent en psychanalyse, des psychanalystes se réfugiant dans les sphères éthérées d'un psychisme désincarné, rejoignant par là le mysticisme et les pseudo-sciences. 

II) Ces deux attitudes réductionnistes, dogmatiques sont vaines. Faut-il alors se tourner vers les tenants de la convergence entre neurosciences et psychanalyse ? Ce sont de pseudoconvergences : 
Celle de F. Ansermet et P. Magistretti (neuroplasticité) qui considèrent qu’aujourd’hui la biologie doit savoir se mettre au service de la psychanalyse et la psychanalyse au service de la biologie. Ils veulent « réintroduire le sujet dans la biologie ». 
Celle de la neuropsychanalyse, pseudoconvergence fort bien réfutée par Laurent Vercueil. 

III) Notre position : il y a deux objets différents et complémentaires explorés par deux modalités différentes et complémentaires de la démarche scientifique 

En effet, on va schématiquement rencontrer une combinatoire de positions sur la question : 

INCOMPATIBILITÉ

   1. UN SEUL OBJET : 
un seul objet par réductionnisme car l'autre objet et l'autre approche sont disqualifiés 

   2. DEUX OBJETS : 
deux objets différents, donc deux approches incompatibles (Chaperot, Celacu et Pisani) 

COMPATIBILITÉ

   1. UN SEUL OBJET : 
un seul objet sous deux angles différents : neuroplasticité, neuropsychanalyse 

   2. DEUX OBJETS : 
deux objets et deux approches différents et complémentaires 

A) Retour sur le computationalisme 

Théorie qui conçoit l'esprit comme un système de traitement de l'information et compare la pensée à un calcul et, plus précisément, à l'application d'un système de règles. Le computationalisme ne prétend pas que toute pensée se réduit à un calcul de ce style, mais qu'il est possible d'appréhender certaines fonctions de la pensée selon ce modèle. C'est une synthèse entre le réalisme intentionnel qui affirme l'existence et la causalité des états mentaux (approche compréhensive) et le physicalisme qui affirme que toute entité existante est une entité physique (approche positiviste). 
Donc cette théorie n'est pas nécessairement un matérialisme : même si la pensée s'appuie sur un support matériel (le cerveau), on peut l'étudier sans se soucier de ce support (contrairement à une certaine approche matérialiste réductionniste courante dans les neurosciences) : une même idée peut être exprimée sur des supports physiques très différents (par la voix, sur papier, sur un mur, sur un ordinateur, etc.). Dans cette mesure, le computationalisme s'apparente à un behaviorisme méthodologique : contrairement au behaviorisme ontologique, il n'affirme pas qu'il n'y a pas d'états mentaux. 

B) Vygotski élabore une théorie des fonctions psychiques supérieures grâce à la méthode génétique, conçue comme une « histoire sociale » c'est-à-dire (théorie sur l'« excentration » de Leontiev) : 

« les transmissions ne sont pas simplement d'ordre héréditaire mais aussi culturelles ». L'intelligence se développe grâce aux outils psychologiques que l'enfant trouverait dans son environnement, dont le langage (outil fondamental). L'activité pratique serait intériorisée en activités mentales de plus en plus complexes grâce aux mots, source de la formation des concepts. Le langage « égocentrique » de l'enfant a un caractère social et se transformera ensuite en langage « intérieur » chez l'adulte. Il serait un médiateur nécessaire dans le développement et le fonctionnement de la pensée. 

C) Argument fourni par les neurosciences elles-mêmes : 

« les fonctions supérieures du cerveau exigent des interactions avec le monde et avec d'autres personnes. ». Le phénomène d'attrition consiste dans le fait que les neurones présents à la naissance dégénèrent s'ils ne sont pas utilisés. Un "branchement" sur l'extérieur est nécessaire, et tout particulièrement pour l'être humain qui ne peut se développer hors le langage et la culture. 

D) Notre analogie de l'ordinateur, limitée et contestable, mais éclairante : 

L'esprit est au corps ce que le programme ("software") est à l'ordinateur ("hardware"). 
  • de même que l'ordinateur à sa sortie d'usine est quasiment vide, et ne pourra donc assurer une diversité de fonctions que si on lui apporte différents programmes, de même le corps à la naissance est pourvu de fonctions psychiques minimales, mais l'esprit avec sa diversité de fonctions ne lui viendra que des apports de l'entourage. 

À sa sortie d'usine l'ordinateur est muni de sa seule électronique. Des ordinateurs identiques acquerront des compétences différentes (traitement de texte, dessin, calcul, musique, etc.) en fonction des programmes que leurs propriétaires choisiront d'y implanter. À sa naissance, le corps est muni de son seul équipement héréditaire. Des enfants indemnes de toute pathologie héréditaire ou congénitale, éventuellement "identiques" (jumeaux vrais), acquerront des compétences différentes (langage, connaissances concrètes et abstraites, régulation des affects, structure de personnalité ...) en fonction des formes et contenus que leurs "parents" (au sens large) implanteront chez eux, en majeure partie à leur insu. 
  • de même que la conception, la fabrication, l'entretien et la réparation de l'ordinateur relèvent du métier d'électronicien, et n'ont rien à voir avec la conception, la rédaction, la maintenance et la correction des programmes, qui relèvent du métier d'informaticien, de même l'entretien et les thérapeutiques du corps relèvent de la médecine, mais l'esprit dans son fonctionnement normal ou perturbé relèvent de métiers (psychologue et psychanalyste) qui ne doivent rien à la médecine, sauf par métaphores relevant de fantasmes faciles à mettre en évidence. 

« La circulation des médiateurs chimiques dans le cerveau suffirait à expliquer tout fonctionnement mental ». Non, cette circulation permet et accompagne sans plus l'effectuation des programmes mentaux venus de l'extérieur. La possibilité d'entendre sur haut-parleur le bruit du programme qui s'effectue dans l'ordinateur (cf E.E.G, imagerie cérébrale) n'enlève rien au fait que le programme soit à l'origine extérieur à l'ordinateur, construit sur d'autres règles, et remodelable indépendamment de son implémentation. 
Il y a bien sûr des limites à cette analogie ... 

IV) Comment travailler de façon complémentaire : en se partageant les tâches complémentaires 

Il y a accord sur l'existence du déterminisme entre les neurosciences et la psychanalyse, laquelle postule le déterminisme de la vie psychique (expériences en neurosciences telles que celles de Benjamin Libet). 

A) L'aveugle et le paralytique (fable de Florian) 

La science moderne (science galiléenne) combine empiricité et formalisation. Son histoire est celle d'un mouvement vers l'écriture logico-mathématique du Réel tel que l'explorent empiriquement les "sciences exactes". 
Le discours psychanalytique apparaît branché en dérivation sur celui de la science moderne qui, en effet, permet l'apparition de la psychanalyse. Comme la science le fait pour le Réel du monde physique, il dément certes les énoncés unifiants quand à la description du psychisme humain (subjectivité), mais Imaginaire, inconscient et fantasme continuent de l'imprégner. La psychanalyse, permise par la science, est une discipline désimaginarisante, mais ce n'est pas une science. 
La psychanalyse moderne n'a aucune critique pertinente à adresser à la démarche scientifique. Elle dit seulement que la science a jusqu'à présent eu besoin, pour fonctionner, de tourner le dos à la subjectivité, donc de s'interdire, par construction même, de la prendre pour objet d'étude. Disons que la science est ici "l'aveugle". Elle s'aveugle pour avancer, et y réussit. 
La psychanalyse, elle, "voit" la subjectivité mais « manque de jambes ». Les disciples ne s'intéressent qu'aux maîtres auxquels ils vouent un culte anachronique. Ils se reposent sur les lauriers de leurs initiateurs. Non-transmissibilité et secret des dieux font de la psychanalyse actuelle "le paralytique" puisqu'elle manque de "jambes" méthodologiques pour faire avancer ses hypothèses. 
Or science et psychanalyse ont en commun le non-tout, le non-sens, la dissolution de la notion d'être. Elles vont contre l'Imaginaire. Mais elles se comportent en sœurs ennemies (aînée et cadette), dans une intercritique stérile parfois d'allure idéologique. La nécessité d'une négociation et de passerelles se fait sentir. 
Nous plaidons ici modestement pour une coopération entre l'aveugle et le paralytique. 
La science négligeait l'inconscient. Plus maintenant avec l'inconscient cognitif, mais ce n'est pas le même que l'inconscient subjectif (décrit en détail dans mon article sur « Psychanalyse et propagande », ici
            https://www.cairn.info/revue-topique-2010-2-page-31.htm). 

Exemple : Expériences avec perceptions infraliminales favorisant la résolution d'un problème, sans passage par la conscience. 
En France le livre de Lionel Naccache en 2006 [« L'inconscient à venir »] pose la question des rapports entre la perspective psychanalytique et la perspective « neurocognitive ». Or ses arguments sont en partie réfutables. 
  • Naccache rend hommage à Freud. Il reconnaît que la conscience n'est pas tout le psychisme, mais pense que l'inconscient de Freud est une réattribution de fonctions qui relèvent en fait de la conscience. Il nie le refoulement, sans envisager que celui-ci pourrait être le fait du programme venu de l'extérieur et non des circuits parcourus par l'inconscient cognitif. 
  • Comme la police dans La lettre volée d'Edgar Poe, Naccache ne cherche peut-être pas au bon endroit, donc ses quatre inconscients ne peuvent coïncider avec celui de Freud. 
  • Si l'inconscient de Freud semble fonctionner d'après les lois du conscient, c'est peut-être parce que ce sont les énoncés consciemment émis par l'entourage familial qui, intériorisés, font sentir leurs effets hors conscience du sujet. 
  • Comment Naccache explique-t-il la résurgence sous hypnose ou en analyse de souvenirs très anciens, « oubliés » ? 
  • Comment Naccache explique-t-il l'oubli « en direct » des rêves ? Par l'inconscient cognitif ? Cet oubli incoercible, comparable à l'oubli des consignes dictées sous hypnose, est un argument en faveur du refoulement et de l'inconscient subjectif. 

L'inconscient subjectif, en rapport avec la complexité du langage, repose sur d'autres bases que l'inconscient cognitif. 

B) Critères de scientificité : 

1) La démarche scientifique avec ses variantes 

Il semble opportun de renvoyer dos à dos deux défauts caricaturaux : 
  • L'impérialisme des Sciences Exactes prétendant coloniser les Sciences Humaines : nombre-roi et positivisme des faits. 

La statistique est criticable (ex : les hiéroglyphes, le mot « régime ») car le langage humain n'est pas un code biunivoque.
 « Nous nous séparons donc d'un point de vue largement répandu, selon lequel il n'y a de science que du quantifiable. Nous dirons plutôt : il n'y a de science que du mathématisable et il y a mathématisation dès qu'il y a littéralisation et fonctionnement aveugle. » Milner, J.-C. (1989). Introduction à une science du langage. Des Travaux. Seuil, Paris. 
Redéfinition du terme « fait » en science : la linguistique travaille sur des corpus transcrits ou enregistrés, bien matériels. 
  • Le flou artistique, voire autistique de ceux qui en Sciences Humaines et en psychanalyse rejettent toute formalisation. 

La solution pourrait venir de la linguistique, critère extérieur pour mettre d'accord les psychanalystes et les neurobiologistes, puisque les uns parlent d'inconscient-langage et que les autres ne peuvent nier qu'il y ait langage, et que la science elle-même passe par le langage. 
Imaginons un Huron face à un ordinateur allumé : pas besoin d'avoir repéré où résident et comment tournent les programmes pour constater qu'ils tournent, les utiliser et s'interroger sur leurs principes logiques ... ! Les descriptions et analyses linguistiques sur corpus fonctionnent très bien sans qu'il soit besoin de savoir comment ça se passe dans le cerveau ! 
  • L'analyse logiciste de Gardin et Molino : c'est une modélisation logique aussi rigoureuse que celle des maths, avec :

 ...........................Validation interne des modèles théoriques et des analyses d'experts ...........................Validation externe de ces analyses par la fabrication de simulacres. 
  • Le structuralisme, enterré trop tôt, est à réhabiliter à condition de le débarrasser des funestes effets de mode. 

L'approche structuraliste résout l'opposition entre approche positiviste à la recherche de faits et approche compréhensive fondée sur l'introspection: il y a une objectivité, une matérialité logicisable du discours de l'acteur social, ou du locuteur, ou du patient indépendamment de l'exactitude de ce à quoi il se réfère. J.-C. Milner parle de « galiléisme étendu » : 
« À sa manière, le structuralisme en linguistique est lui aussi une méthode de réduction des qualités sensibles. Les langues naturelles ne touchent à la matière sensible que pour la forme phonique. Mais dans ce domaine, la méthode a des effets évidents.
 On peut parler ici d'une mathématisation étendue, rigoureuse et contrainte, mais aussi autonome relativement à l'appareil mathématique. La linguistique devint dans les années 50 une discipline aussi littérale que l'algèbre ou la logique, mais indépendante d'elles, avec des succès empiriques pour l'ensemble des langues naturelles Elle se comportait strictement en science galiléenne. Galiléisme étendu fondé sur une mathématique étendue, et étendu à des objets inédits. 
Cet objet était le langage, qui sépare l'espèce humaine du règne de la nature. De même, l'anthropologie lévi-straussienne obtenait, avec des méthodes comparables appliquées à des objets non naturels – les systèmes de parenté –, une présentation exhaustive, exacte et démonstrative des fonctionnements. L'appui que Lévi-Strauss trouvait dans la linguistique résidait dans une analogie des procédures et surtout des points de vue constituants. 
Sur ce fondement, linguistique et anthropologie, s'est déployé un mouvement de pensée dont l'unité méthodologique et l'importance épistémologique ne font aucun doute. Que Lacan, dont le rapport au galiléisme est principiel, et qui saisit son objet plus du côté de la culture que de la nature, ait été compté au rang des structuralistes, cela est éminemment explicable.» 

2) Le cas particulier et la loi générale 

  • Une des critiques des Sciences Exactes à la psychanalyse repose sur l'idée fausse qu'il n'y a de science que du général (Aristote) 
  • Or la loi statistique résultant de la méthode inductive peut se révéler, on l'a vu, non pertinente quand le langage est en jeu. 
  • Inversement, une analyse exhaustive d'un cas, si elle est matériellement communicable, est tout aussi généralisable et vaut tout autant qu'une collection de cas traités par la méthode inductive. 

3) Les « analysciences » et l'Analyse des Logiques Subjectives (A.L.S). 

« Analyscience » est un terme proposé par l'auteur de l'A.L.S. (Jean-Jacques Pinto) en 2008. Une analyscience serait, selon une définition encore provisoire, une discipline hybride entre psychanalyse et science. Pour justifier la création de ce terme, il convient de se référer à la possibilité d'un dialogue entre la science moderne et la psychanalyse. 
L'A.L.S. pourrait ainsi être candidate au label d'analyscience. Si on la définit schématiquement comme une "microsémantique du fantasme", ce dernier
  1.  est un concept qui résulte d'une expérience en amont (séances d'analyse) ;
  2.  il a une ébauche de formalisation : $ <> a ; il peut recevoir une définition linguistique ; 
  3. le fait que ce concept subsume une série d'occurrences verbales est prouvable en aval par l'A.L.S.© dont le matériel est montrable, donc testable. Les procédures d'analyse de l'A.L.S. sont par ailleurs testables et reproductibles par quiconque manuellement, et simulables informatiquement. 

L'A.L.S.© permet d'analyser en partie les dogmatismes précités, sous-tendus par des fantasmes modélisables. 

CONCLUSION 

Nous proposons, pour conclure, non pas d'opposer les sciences dures de la nature aux sciences molles de l'homme, mais d'associer les sciences du dur, du hardware aux sciences du doux, du software dans l'étude complémentaire des deux pôles de l'interface caractéristique de l'humain, de la « condition humaine », ces deux pôles étant : 
  • le cerveau comme machine biologique (le « biordinateur »)
  • le logiciel verbal humain (le « verbiciel », subdivisé en « cogniciel » et « subjiciel »). 

L'interfaçage a lieu durant l'enfance, c'est le processus d'identification avec ses deux versants : identification cognitive (« cogniciel ») et identification subjective (« subjiciel »). On peut, pour les étudier en les simulant, fabriquer de toutes pièces : 
         — des « cogniciels » relevant de l'intelligence artificielle et simulant le résultat de l'identification cognitive, par exemple par des systèmes-experts, qui différent des réseaux d'apprentissage neuronaux (que l'on pourrait nommer des « interfaciels » !!!) 
         — et des « subjiciels » inaugurant la subjectivité artificielle et simulant le résultat de l'identification subjective. 
 Il n'y a pas, comme le croient les positivistes ou leurs adversaires amateurs de paranormal, une opposition binaire rationnel/irrationnel, mais trois termes : rationnel, irrationnel, logique, le logique (logos !) structurant de façon différente le rationnel et l'irrationnel. Et la logique de l'irrationnel, c'est principalement la psychanalyse, quand toutefois elle veut bien être logique !!! 
Nous invitons tout chercheur animé par l'esprit scientifique à contribuer au développement de ces analysciences. 
                                                                               © Jean-Jacques Pinto 2011. Tous droits réservés. 

Mis en ligne avec l'aimable autorisation de l'auteur 

lundi 2 avril 2018

Chapitre 8 : Le beurre et l'argent du beurre ! Art-thérapeute, un métier fantasmé ?


1. Le beurre et l'argent du beurre !
Les art-thérapeutes veulent être reconnus, respectés, participer à l'équipe pluridisciplinaire soignante car ils se plaignent que les portes de l'Hôpital leurs sont fermées.

Pensez-vous que les professionnels puisent faire confiance à des personnes qui se disent soignantes et en même temps sont coach, pratique le développement personnel, le bien-être, la spiritualité, l'art-thérapie en entreprise qui n'est autre que de la business-thérapie...?

Quand je parle des professionnels, il s'agit des psychiatres, des psychologues cliniciens, des infirmiers, des ergothérapeutes, des psychomotriciens, des éducateurs spécialisés. (bac+12, bac+5, bac+3).

Ces personnes multitâches, coach, développeur, chaman, facilitateur sont en plus art-thérapeute. Elles doivent choisir, car on ne fait bien qu'une chose à la fois !

Promouvoir l'art-thérapie et lui permettre d'acquérir ses lettres de noblesses passent par un ancrage dans les sciences humaines, un investissement dans le système universitaire L-M-D (Licence-Master-Doctorat) et par la création du DEA-T (Diplôme d'Etat d'Art-Thérapeute).

2. Art-thérapeute, un métier fantasmé ?
Nous voyons bien aujourd'hui, la multiplication des formations d'art-thérapeute qui délivrent des diplômes et des certifications qui ne sont reconnus que par l'organisme de formation qui les délivrent !
Cette pratique inflationniste de la planche à billet à pour finalité le discrédit du métier d'art-thérapeute, métier en devenir mais jamais abouti.
En donnant l'illusion d'un métier, les organismes de formation profitent de cette manne juteuse (la formation professionnelle) et mettent sur le marché chaque année des centaines de personnes mal formées qui vont rejoindre les métiers apparentés des professions libérales : voyante, magnétiseur, cartomancienne, détective, psychanalyste...

Les organismes de formations défendent bec et ongles leur pré carré et se partagent le gâteau de la formation d'art-thérapeute, elles ne souhaitent en aucun cas que l'on parvienne au DEA-T !


3. Le Comité Indépendant, de quelle indépendance s'agit-il ?
Ce comité a été créé par la FFAT le 25 novembre 2017.
Il regroupe la FFAT, le CNAT, les écoles d'art-thérapie !

Le Collectif National des Art-Thérapeutes créé par Arnaud Ginions le 15 avril 2017 à Lyon à la Friche Lamartine salle du Cirque avait pour finalité de se démarquer de la FFAT pour être indépendant. Il devait mettre en place le DEA-T et un syndicat indépendant d'art-thérapeutes, or il s'est rallié à la FFAT.

Les écoles d'art-thérapie sont représentés par AFRATAPEM-PROFAC-INECAT et aussi par IRFAT-SFPE-AT-SCHEME-ATEPP CEFAT Les Pinceaux-PUZZLE...

La FFAT pratique l'entrisme, il ne peut pas y avoir d'indépendance dans sa pratique, le CNAT d'Arnaud Ginions et Sandrine Badia, c'est déjà fait noyauter !

4. Les cercles parisiens 
Nous retrouvons les mêmes personnes à la table ronde de la FFAT, au CA de la SFPE-AT, au comité scientifique de PROFAC.
J'ai assisté à une table ronde de la FFAT avec ces personnes, elles ne s'entendent que sur une chose, que rien ne change pour continuer à prospérer sur la confusion du métier d'art-thérapeute.
Ce groupe FFAT/CNAT/Ecoles d'A-T va travailler à vérouiller le processus de formation du métier d'art-thérapeute.

L'espoir de voir un jour un Diplôme, un Métier, une Profession pour les art-thérapeutes semble s'éloigner de plus en plus !

Jean-Louis Aguilar / Art-thérapeute

jeudi 8 mars 2018

Assemblée Générale de l'ARAT le 17 mars 2018

Convocation à l’Assemblée Générale de l’Association de Recherche en Art et Thérapie


Samedi 17 mars 2017 de 15h à 18h.
Salle n°1
Maison de la Vie Associative
2, rue du Jeanne Jugan
34500 BEZIERS

Pour les personnes qui le souhaitent vous pouvez adhérer à l'association le jour de l'AG.
ORDRE du JOUR :

1. Rapport  moral du Président
2. Rapport d’activités par la Secrétaire
3. Rapport comptable par la Trésorière (trésorerie et adhésions)
4. Renouvellement des membres du Bureau
5. Création des membres d’honneur de l’association ARAT
6. Création d'un Code de déontologie interne à l'association ARAT
7. 12e Rencontres de l’ARAT (9 juin 2018)
8. Constitution de l’équipe d’accueil des 12e Rencontres de l’ARAT
9. Le Comité Scientifique de Recherche en Art-Thérapie (CSRA)
10. Validation des Groupes de Recherche Associative (GRA)
11. Le collectif de l’ARAT
12. Projets 2019 (création d’un groupe d’organisation des évènements)
13. Partenariat avec Sanus ONG du Dr Awohouedji au Bénin
14. Partenariat avec le CRIP de Laure de St Martin à Paris
15. Le mouvement « Art-thérapeutes, Debout ! »
16. Le Syndicat National des Art-thérapeutes en chantier
17. Analyse de la Table ronde du SNA-T en chantier le samedi 10 mars 2018
18. Questions diverses des participants

• Un apéritif convivial clôturera notre réunion !

Pour le Bureau de l’ARAT
Jean-Louis Aguilar

lundi 26 février 2018

Sur deux journées : STAGE d'ART-THERAPIE à Béziers

JLAA / Art-thérapies / Formation vous propose
Une formation d’intervenants en art-thérapie



« La Médiation thérapeutique »

Formation ouverte aux professionnels de la santé, du social et du médico-social, de la thérapie et de l’art, aux étudiants en art-thérapie et en psychologie…

Samedi 31 mars 2018 9h30 à 17h30
9h30
1. Histoire de l’Art-thérapie :
Regards croisés avec l’art des fous, l’art brut, l’art psychopathologique, la psychopathologie de l’expression… et l’art-thérapie.
Différences entre folie, maladies mentales et normalité.

2. Présentation de productions de patients de mon atelier d’art-thérapie "l'atelier Création"

12h30 Pause-repas tiré du sac

13h30
3. Atelier de peinture en expression libre + débriefing

4. Film « Plante vivace » + conférence
La Création comme suppléance à l’absence du père : « Gaston Chaissac, l’homme-orchestre ! »

Samedi 7 avril 2018 de 9h30 à 17h30
9h30
5. Atelier modelage en expression libre + débriefing

6. Cours :
« De la clinique à la mise en place d’un dispositif art-thérapeutique »
Utilisation de la médiation thérapeutique, artistique et culturelle.
Eclairage sémantique sur les concepts :
De création et de créativité, d’esthétique et de beau, d’œuvre d’art et de production de l’intime…

12h30 Pause repas tiré du sac

13h30
7. Atelier collage en expression libre + débriefing

8. Cours : (suite)
Bilan de stage
Formateur : Jean-Louis Aguilar / art-thérapeute

*****************************************************************************
Horaires de la formation de 9h30 à 12h30 et de 13h30 à 17h30 soit 14 heures.

Inscriptions et informations auprès de :
JLAA / Art-thérapies / Formation
jlaa.artiste@gmail.com

Tarifs :
400€ Formation continue (institutions)
200€ individuel
100€ demandeur d’emploi (sur justificatifs)

Les inscriptions ne sont effectives qu’à réception de votre paiement par chèque.

vendredi 16 février 2018

Non, les enfants ne sont pas que des machines cérébrales !

Image d'un cerveau réalisée à partir d'un système d'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle. Photo Reuters

Le moins que l’on puisse dire est que les gouvernements se succèdent en affichant la volonté politique de donner la priorité au savoir attaché aux neurosciences. Déjà, en février 2006, Gilles de Robien, alors ministre de l’Education nationale, formulait le vœu de développer les sciences expérimentales cognitives. Pas seulement aux fins de trouver les meilleurs outils pour apprendre, mais surtout avec la croyance très particulière de pouvoir enfin résoudre l’énigme de la fabrication de nos pensées. En nommant Stanislas Dehaene, psychologue neurocognitiviste, professeur au Collège de France, à la présidence du Conseil scientifique de l’Education nationale, le ministre Jean-Michel Blanquer institue ouvertement leur influence majeure dans le champ de la pédagogie.

A LIRE AUSSI 
Stanislas Morel : «Les neurosciences illustrent la dépolitisation actuelle de la question scolaire»

Pour les cliniciens des soins prodigués aux enfants et à leurs familles, le poids de cette influence est devenu une évidence. Les familles nous sollicitent de plus en plus pour des difficultés d’apprentissage ou des «troubles du comportement», souvent sur les conseils de l’école. Les parents sont désormais porteurs d’un diagnostic. Actuellement, le plus paradigmatique d’entre eux est celui de TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité). Il se répand à grande vitesse, puisque à la rentrée scolaire de septembre 2017, les rectorats ont adressé aux enseignants une brochure d’information pour qu’ils en repèrent les signes cliniques. Il est présenté comme un trouble neurocérébral scientifiquement établi, entraînant des problèmes majeurs d’apprentissage. Or, cette entité clinique controversée est plus que contestable : elle n’est pas scientifiquement prouvée et fondée uniquement sur des critères comportementaux et cognitifs qui ne prennent pas en compte la dimension de la parole de l’enfant.

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Enseigner n’est pas une science

Malgré de fortes résistances chez nombre d’enseignants, les consignes pédagogiques tendent sensiblement à privilégier les méthodes cognitivistes et comportementalistes, comme si l’enfant n’était plus à appréhender que par l’abord organique de son cerveau. Il devient comme isolé du bain relationnel et humain dans lequel il est venu au monde et vit. Les recherches les plus récentes dans le champ de l’épigénétique devraient pourtant apaiser les passions du tout scientifique, confirmant l’intrication incessante entre l’inné et l’acquis, accréditant la «plasticité neuronale» du sujet humain, confirmant son dynamisme psychique au fil de ses apprentissages.

Scientisme
Pourquoi alors une telle prétention hégémonique des neurosciences qui se veut sans partage, réussissant le tour de force de se mettre à dos beaucoup d’enseignants, d’universitaires des sciences de l’éducation, de pédagogues, ainsi que les professionnels de la pédopsychiatrie ? L’heure est au scientisme, à la foi envoûtante et aveugle en l’imagerie cérébrale, en la neuropsychologie, en la neurogénétique, en la neuroéconomie, au détriment d’une approche humaniste qui, par essence, inscrit le sujet humain dans sa dimension relationnelle d’être parlant. L’enfant se retrouve réduit au fonctionnement de son cerveau, à ses apprentissages, à ses conduites, sans se soucier de la transmission et du type de filiation dans lequel il s’inscrit. Jamais les technologies sophistiquées de l’imagerie cérébrale ne pourront restituer les méandres de l’histoire familiale de chaque enfant.

Nous prétendons que les tenants des neurosciences et les acteurs politiques qui soutiennent l’idéologie du tout scientifique participent à l’abandon grave des enfants des humains. Souhaitons-nous que chacun de nos enfants obéissent aux nouvelles formes de conformité sociale établies par les sciences du cerveau? Qu’ils soient façonnés, programmés pour être toujours plus efficients, plus performants, rejoignant en cela les idéaux ultralibéraux? Il est important de mettre en garde contre l’utilisation politique des neurosciences, si on ne veut pas oublier l’usage qu’en ont fait les régimes totalitaires du siècle dernier. Nous devons faire preuve de vigilance pour éviter de rééduquer et de formater les futurs citoyens du monde à venir.

De la transmission des savoirs
Nous en appelons à de véritables politiques de l’enfance qui ne se contentent pas de jauger le sujet humain à l’aune de ses neurones et de ses connexions. Il ne peut y avoir une seule approche scientifique qui ferait vérité. Il n’est pas possible de nier la pluralité des approches des sciences humaines, ni des diverses méthodes de transmission des savoirs. Il est paradoxal d’octroyer des droits juridiques à l’enfant, droits reconnus internationalement, et en même temps de museler sa parole ou de faire comme si elle était sans valeur ni sans savoir.

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Les neurosciences ne font pas une politique de l’école

Nous avons à prendre en compte les avancées produites par les neurosciences, mais à condition que leur approche ne devienne pas une référence unique et coercitive. La qualité de l’enseignement, de l’éducation et des soins ne peut se trouver inféodée à la seule dimension neurodéveloppementale. Si bien qu’il est capital de redonner tout son crédit à la parole et au langage, et non plus seulement aux connexions cérébrales et à la communication, supposées expliciter les difficultés d’apprentissages et les embarras, voire les manifestations psychopathologiques de l’existence. Dans cette perspective, il est important de réaffirmer avec force les apports fondamentaux de la psychanalyse. N’a-t-elle pas démontré la valeur universelle de la parole, puisqu’elle spécifie notre condition humaine ? Sans parole, sans discours, l’être humain n’a idée ni de son être, ni de son corps, ni de son cerveau !

Serions-nous tombés sur la tête à ne considérer les enfants que comme des machines cérébrales ? Le danger ne serait-il pas alors de sacrifier le devenir du petit d’homme, d’abandonner la part d’humanité qui le caractérise, au point d’aboutir à notre déshumanisation programmée ?

Par Emile Rafowicz , Psychanalyste, Médecin directeurs de CMPP, Membre de l’APLP et Louis Sciara, Psychanalyste, Médecin directeurs de CMPP, Membre de l’APLP — 15 février 2018 à 16:11

Sources :
http://www.liberation.fr/debats/2018/02/15/non-les-enfants-ne-sont-pas-que-des-machines-cerebrales_1629958

lundi 12 février 2018

Quand l'art libère l'esprit par ADPEP 66

Cycle de conférences sur le lien théorique et pratique entre l’accompagnement des publics en difficultés et la beauté ou l’art.


L’Association Départementale des Pupilles de l’Enseignement Public des Pyrénées-Orientales ( A.D.P.E.P. 66) vient de fêter ses 100 ans et de réécrire son projet associatif en insistant sur ses valeurs d’association d’éducation populaire.

Dans cet esprit, elle a construit un partenariat avec l’Institut Régional du Travail Social ( I.R.T.S) pour développer un cycle de conférences sur lien théorique et pratique entre l’accompagnement des publics en difficultés ( public en situation de handicap, public en insertion…) et la beauté ou l’art.

Ce cycle de conférences tentera de montrer comment éthique et esthétique peuvent être intimement liées dans les pratiques de l’aide sociale parce que l’humain a besoin du beau pour exister et s'adresse essentiellement aux étudiants, de professionnels du médico-social, du social, de l’éducation  et de l’animation socioculturelle et tout autre personne désirant y participer.

Les Conférences se dérouleront au sein de l’Amphithéâtre de l’I.R.T.S. à Perpignan de janvier à juin 2018 de 17 h à 19 h 45.



vendredi 9 février 2018

Étudiants en Art-thérapies, nous avons besoin de vous…

Dans le cadre d'une Recherche en Psychologie menée à l'Université Toulouse–Jean Jaurès (Equipe CERPPS)

Créativité/Création
et
Régulation Émotionnelle

Dans cette perspective, nous avons donc besoin de votre expertise/aide pour explorer la place et les fonctions de la Régulation des Émotions sur la Créativité/le Processus Créateur.
Nous postulons que les étudiants en Art-thérapies ont un profil émotion/créativité différent les prédisposant à ces études et professions.

Le désespéré - Gustave COURBET - 1845

Pour participer à cette Recherche, vous devez être Étudiant dans une Formation longue, un DU, un Master d'Art-thérapie ou de Musicothérapie ou de Dramathérapie ou de Danse-Thérapie

L'Origine du monde - Gustave COURBET - 1866

Dans ce cas, il suffit simplement de transmettre vos coordonnées postales à :
Nicolas Verger (mail : verger.ni@gmail.com) ou bien au Prof. J-L. Sudres : sudres@univ-tlse2.fr

Un fascicule d'enquête anonyme vous sera adressé par retour de mail.
Vous pouvez transmettre cet appel à sollicitation à toutes les personnes intéressées
- Merci pour votre aide –

Pr. Jean-Luc Sudres
Professeur de Psychologie (Psychopathologie Clinique)

Docteur en Psychopathologie - HDR en Psychologie
Psychologue Clinicien - Psychomotricien - Art thérapeute
Responsable Pédagogique du D.U. Art-Thérapies
Université Toulouse Jean Jaurès
UFR de Psychologie - Bureau M 153
5 Allées Antonio Machado
F-31058 Toulouse Cedex 9

Mail : sudres@univ-tlse2.fr