jeudi 6 juin 2013

Méthodologie du "Triptyque d'Art-Thérapie adapté à la Psychiatrie".

       Prises en charges des Psychoses en Art-Thérapie Institutionnelle



Vendredi 17 mai 2013, j'ai présenté ma conférence-débat dans le cadre du D.U. "Psychiatrie, Psychothérapies médiatisées et Art-Thérapie" au CHU Purpan-Casselardit dans le Service de Psychiatrie du Dr Granier / Responsable du DU-FC.

En introduction, j'ai dressé un rapide état des lieux de l'Art-Thérapie française en 2013.
Le paradoxe français nous montre d'un côté un engouement pour l'Art-Thérapie avec une explosion des formations en Art-Thérapie mises sur le marché, de l'autre une frilosité pour embaucher des art-thérapeutes et créer des postes dans les institutions.
La réponse est peut-être dans le fait qu'aujourd'hui art-thérapeute, c'est d'abord une spécialisation avant d'être un métier.
Les formateurs ont oublié de s'asseoir autour de la table, pour construire ce métier et le faire valider par le monde du travail. Nous avons des formations, des diplômes, mais pas de métier !
Voilà le challenge qui s'offre à la nouvelle génération d'art-thérapeutes qui s'engagent dans cette nouvelle voie des thérapies.

J'ai donc mis en place au Centre Psychothérapique "Camille Claudel" regroupant les services de Psychiatrie Adulte du Centre Hospitalier de Béziers une méthodologie que j'ai appelé "Triptyque d'Art-Thérapie adapté à la psychiatrie".
Cette méthodologie est la conjugaison de l'Art et de son Histoire, de l'apprentissage des techniques d'arts plastiques d'une part, de la Clinique, de la Psychopathologie de l'Expression et de la Psychanalyse d'autre part. L'art-thérapeute fait le lien entre ses deux pôles, pour donner naissance à ce que j'appelle l'Art-Thérapie Institutionnelle.

Méthodologie du triptyque d'Art-thérapie :
Volet 1 : étayage de l'identité.
Volet 2 : adaptation à sa réalité et réadaptation à la réalité.
Volet 3 : communication et socialisation.


Après la pause, j'ai présenté des œuvres de patients pour illustrer la Psychopathologie de l'Expression et introduire le malentendu du concept de l'Art Brut.
Le travail du Dr Hans Prinzhorn publié dans son livre "Expressions de la Folie" (1922) démontre la corrélation de la fonction de formation de formes psychiques et la formation de formes plastiques donnant naissance au jaillissement de la pulsion créatrice qui met à jour l'oeuvre de l'artiste ou la production du sujet. C'est ce que le Dr Prinzhorn appellera la "gestaltung".
Ce qui est différent du concept de l'Art Brut de Dubuffet, qui nous dit que certaines personnes donneraient naissance à cet art brut parce qu'elles sont vierges d'apprentissage en arts plastiques et de culture.
Il fait l'impasse sur le fait que nous sommes tous dans un bain langagier, et même au fin fond de la campagne, il y a des coutumes, des traditions, des fêtes votives, une civilisation judéo-chrétienne qui fait lien.
Il méconnaît la Psychopathologie de l'Expression et la "gestaltung".
Ce malentendu perdure depuis 1945, et fait toujours recette au XXIe siècle !


J'ai également parlé de l'Art de l'Art-Thérapie, avec 27 expositions des patients mises en place, le Land Art, le programme "Culture à l'Hôpital' et les œuvres collectives exposées dans l'institution "Camille Claudel".

                                       
                                             Le robot Gaïa-Land Art
   
                              Le Créateur et sa création (oeuvre collective)

Pour finir, la mise en place des psychothérapies médiatisées en CATTP/CMP, c'est une prise en charge en ambulatoire et en individuel, avec deux médiations :
-médiations arts plastiques.
-médiation corporelle et relaxation dans le cadre d'un atelier de Relation d'Aide.

Conclusion :
J'ai dressé le tableau d'une Art-Thérapie ayant toujours pour objectif le soin.
Et pour terminer, une information sur l'ARAT (Association de Recherche en Art et Thérapie).

Contact :
DU-FC "Psychiatrie, Psychothérapies médiatisées et Art-Thérapie"
Dr Granier granier.f@chu-toulouse.fr